L’éclairage, essentiel pour la mise en valeur des villes

Illuminations Plus qu'un moyen d'assurer la sécurité, la lumière est devenue un faire-valoir pour les communes...

Thierry Weber

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L'éclairage nocturne transforme la ville en sa propre vitrine, comme ici sur les Champs Elysées à Paris.
L'éclairage nocturne transforme la ville en sa propre vitrine, comme ici sur les Champs Elysées à Paris. — Alfred/Sipa

L’expression «être sous les feux des projecteurs» n’a jamais été aussi adaptée. Véritable moteur d’attractivité, l’éclairage public, qu’il soit temporaire ou permanent est devenu un élément central de la mise en valeur d’une ville.

«L’espace extérieur d’une métropole est sa vitrine et la lumière permet de la rendre attractive.» Pour Xavier Albouy, président de Citéos, marque lumière et équipements urbains de Vinci énergies, il ne fait aucun doute de la nécessité d’un bon éclairage citadin. «Quand vous traversez la ville la nuit, vous vous en faites une image, et la lumière permet de la rendre attrayante.»

Cela n’a pas toujours été le cas. Initialement, la lumière en ville était une question de sécurité. Bien vite l’éclairage public est aussi devenu un moyen de «poursuivre pendant la nuit les activités du jour», explique aussi Damien Morineaux, responsable de l’éclairage public à Lille. Dès lors qu’il y avait une vie la nuit, la question de l’attractivité allait forcément apparaître. En France, cela est arrivé à Lyon avec un plan lumière décidé à la fin des années 1980.

Une décision qui fait aujourd’hui des émules. A Lille, les premiers travaux du «plan lumière» sont en court. La très commerçante rue Léon-Gambetta a même reçu cette année un trophée de l’éclairage innovant, décerné par l’Association française de l’éclairage (AFE). D’après Damien Morineaux, ce dispositif, réclamé par les commerçants de la rue, a été accueilli par «des retours très positifs».

La lumière événementielle

En plus du secteur marchand, le tourisme n’est pas en reste. «Sur un bâtiment nous mettons en avant certaines parties de la façade, certains reliefs. Ce sera souvent une référence à son histoire», insiste Xavier Albouy. Selon lui, l’éclairage crée ni plus ni moins «l’identité» d’une ville ou d’un quartier.

Au croisement entre l’aspect marchand et touristique, la lumière a même adopté au fil des ans une facette événementielle. Une fois encore, Lyon fait figure d’exemple avec sa Fête des lumières qui attire entre deux et trois millions de visiteurs chaque année début décembre. «Pendant les Lumières, on baisse l’éclairage public et il n’y a pas de circulation pour que chacun puisse découvrir la ville», rapporte George Képénékian, 1er adjoint au maire de Lyon en charge de la culture.

D’après l’élu, l’intérêt d’un festival centré sur la lumière est double et touche aussi bien les locaux que les visiteurs. «Chaque année je découvre des points d’architecture. C’est une manière de créer un autre rapport à sa ville.» Quant aux visiteurs extérieurs, les chiffres d’affluence parlent d’eux-mêmes.

Les éclairages temporaires

Sans parler d’illuminations aussi importantes, chaque ville revêt lors d’événements particuliers, notamment les fêtes de fin d’années, un habit de lumière festif. En centre ville, les commerçants paient au moins une partie des frais, «afin de mettre leur rue en avant» d’après Xavier Albouy.


A Lille, l’installation rue Léon-Gambetta prévoit par exemple des «scénarios» lumineux différents suivant les événements. «Pendant l’Euro de football, les lumières prenaient les couleurs des pays qui jouaient leurs matchs à Lille, la veille et le jour de la rencontre», illustre Damien Morineaux. Un autre «scénario» éclairera la ville lors des fêtes de fin d’année.

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La ville de Lille ne sera pas la seule bénéficiaire de ces installations, la planète aussi. L’année 2016 aura occasionné des dépenses énergétiques à 47% moins importantes qu’en 2004. Grâce aux nombreux intérêts d’un bon éclairage public, la technique évolue. A Lille ou Lyon comme ailleurs, les LEDs ont remplacé les bougies et les premières lampes électriques d’antan.