Etudiants à l'étranger, comment partir couvert?

Assurance En vacances ou en Erasmus, les démarches ne sont pas les mêmes en cas de maladie ou d’accident…

Eugénie Calme

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«Maman? J'ai un rhume, ils me demandent 2.000 € à l'hôpital, je rentre.»
«Maman? J'ai un rhume, ils me demandent 2.000 € à l'hôpital, je rentre.» — Manuel-F-O/Getty Images

Dans l’excitation du départ vers une destination lointaine, la question de la protection se retrouve souvent en bas de la checklist, surtout quand on est étudiant. Pourtant, une simple rage de dent peut gâcher tout le séjour et faire exploser la facture. Pour prendre ses dispositions et éviter quelques mauvais souvenirs, la destination est le premier élément à prendre en compte.

En Europe: papiers s’il-vous-plaît

«En Europe, on est relativement bien couvert», assure Frédéric Bizard, professeur à Sciences Po, spécialiste des questions de santé. Que l’on parte en vacances ou pour ses études, il suffit de commander la carte européenne d’assurance maladie (CEAM). Gratuite et valable deux ans dans l’Union européenne (mais aussi en Suisse, Islande, Liechtenstein et Norvège), elle «permet de ne pas avancer les frais médicaux et d’être remboursé comme les habitants du pays dans lequel on séjourne», rappelle Frédéric Bizard. Attention, certaines cliniques privées ne l’acceptent pas, il faudra alors conserver les factures originales pour se faire rembourser par la Sécurité sociale au retour en France.

Hors Europe: quand la facture fait mal

Dès que l’on s’envole au-delà de l’Union européenne, une tuile de santé peut se transformer en vraie galère. Aux Etats-Unis, au Canada et dans certains pays d’Asie, la facture s’envole rapidement. Une consultation coûte autour de 100 dollars et un séjour à l’hôpital peut varier de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers de dollars aux Etats-Unis. «Une simple opération de l’appendicite coûte environ 10.000€ outre-Atlantique», estime le service juridique du Centre national des soins à l’étranger (CNSE).

Dans ce type de situation, qui rembourse quoi? Pour l’étudiant en vacances ou en échange universitaire, la Sécurité sociale française prend en charge une partie des frais sur la base des tarifs pratiqués en France. En revanche, l’étudiant inscrit dans une université étrangère pour un cursus long hors échange dépend de la Sécurité sociale du pays hôte. Mais, dans un cas comme dans l’autre, seuls les soins imprévus seront remboursés et le montant récupéré peut être largement inférieur aux dépenses réelles.

Se renseigner et comparer

«Hors Union européenne, cela peut donc valoir la peine de conclure une assurance», conseille le CNSE. Les assurances privées et les mutuelles étudiantes proposent ainsi des formules valables à l’international avec des remboursements complétant la part de la Sécurité sociale, le rapatriement en cas d’accident, la responsabilité civile et une assurance juridique. Quid des assurances prévues par les cartes bancaires? «En général, celles que possèdent les étudiants ne couvrent pas grand-chose», prévient le CNSE.

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Quelle que soit la destination, la première chose à faire est donc de se renseigner sur les tarifs médicaux du pays concerné, de prendre contact avec l’établissement universitaire sur place et de comparer les garanties proposées par les complémentaires santé. Quand on est loin de chez soi, mieux vaut prévenir… et guérir.