Webdesigner: entre polyvalence et indépendance

Métiers Ils font partie de ceux qui donnent son identité à la toile...

Thierry Weber

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Avec des compétences à mi-chemin entre l'esthétique et la technique, les webdesigners comptent parmi les héritiers des fameux webmestres des années 1990.
Avec des compétences à mi-chemin entre l'esthétique et la technique, les webdesigners comptent parmi les héritiers des fameux webmestres des années 1990. — LABgcba/CC Flickr

Ils sont les héritiers des fameux webmestres à qui l’on devait les sites Internet des premiers temps de la toile. Désormais on les appelle webdesigners, mais ces professionnels sont toujours à la croisée des chemins des métiers du numérique. Le visage actuel d’Internet, c’est de leur faute. Si bien que sur le marché du travail leurs profils sont toujours recherchés, même s’ils n’obtiennent pas toujours un poste fixe.

De l’artistique à la technique

Quand on demande à un webdesigner comme Victor Levy, freelance et partenaire de l'agence de design Neway Partners, de lister les tâches qu’il accomplit dans son métier, elles sont longues comme le bras. «Je conçois la charte graphique, j’imagine l’arborescence et le parcours utilisateur, je touche aussi à l’UX [ou expérience utilisateur en français] et je fais de l’intégration», c’est-à-dire qu’il monte les pages web de toutes pièces. Son métier touche aussi bien à la créativité, lorsqu’il fait «le choix des ambiances, des couleurs de l’interface», qu’à la technique, quand il met les mains dans le cambouis et développe un site web à proprement parler.

La polyvalence, une nécessité? En théorie oui, mais Victor Levy ajoute qu’«on a beaucoup plus de demandes techniques qu’artistiques aujourd’hui. Le marché actuel du web est obnubilé par le fonctionnel. Il faut tout avoir tout de suite et sans défaut». A la question de la polyvalence, Olivier Demonchy, membre de l’agence de webdesign Newround relativise lui aussi. «La diversité des supports et les évolutions technologiques constantes peuvent aussi amener le secteur vers plus de spécialisation», nuance-t-il et donc des connaissances plus pointues dans les domaines déjà couverts par les webdesigners.

Un secteur très indépendant

Et c’est bien là la preuve de la vivacité de ce marché. «Les métiers du design offrent pas mal de débouchés», acquiesce Olivier Demonchy. Dans bien des cas, ce sera du travail indépendant. «Les métiers du web sont encore aujourd’hui très souvent externalisés. Rares sont les PME en capacité de recruter à temps plein des postes créatifs. Le statut de freelance est donc souvent privilégié pour ce type de profils.»

Cela présente bien des avantages à en croire Victor Levy, qui n’a «jamais été salarié». En particulier, il apprécie de pouvoir «rebondir sur beaucoup de sujets», mais aussi d’être «libre de choisir [ses] tarifs, [ses] horaires de travail, [ses] clients». Membre de l’association French freelancers association of the games industry (Ffrag), l’association des travailleurs français indépendants du jeu vidéo et du secteur vidéo ludique français, il évoque la difficulté à «recenser les freelances». Mais une chose est sûre, «leur nombre grandit de plus en plus. Dans les métiers du numérique tertiaire, on va vers un détachement progressif du salariat.»

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Bien sûr, tendance ne fait pas loi. «De grosses entreprises et de plus en plus de start-up, pour qui l’outil web est primordial pour communiquer, souhaitent intégrer un webdesigner dans leur équipe», souligne Olivier Demonchy. Et pour cause, «il est devenu indispensable pour valoriser l’image de l’entreprise […] en accord avec les valeurs qu’elle souhaite véhiculer». Comme quoi, pour les webdesigner, la polyvalence reste de mise: ils font même de la communication.