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Energie renouvelable : une chaufferie biomasse chauffe Sevran

REPORTAGE 20 Minutes a visité la chaufferie biomasse de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui chauffe plus de la moitié de la ville depuis deux ans

Mireille Fournaise

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A l'intérieur de la chaufferie biomasse de Sevran
A l'intérieur de la chaufferie biomasse de Sevran — M.F

En plein cœur de Sevran (Seine-Saint-Denis), à seulement quelques mètres des immeubles d’habitation, un bâtiment à la façade en bois, surmonté d’une fine cheminée, détonne dans le paysage. C’est la chaufferie biomasse. Installée depuis 2018, elle fournit aujourd’hui 53 % d’énergie de chauffage et d’eau chaude de cette ville de plus de 50.000 habitants. « Elle alimente des logements sociaux, des copropriétés, des écoles, un hôpital et un centre commercial », détaille Sofiane Benfaid, responsable de département chez ENGIE Réseaux, entreprise en charge de la délégation de service public du réseau de chaleur de la ville de Sevran. A la différence de la chaufferie gaz située juste à côté, qui complète sa production et la remplace en cas de panne ou de maintenance, la chaufferie biomasse est alimentée par des matières végétales. Ici du bois.

« On n’utilise pas d’énergie fossile et la combustion du bois n’émet pas de gaz à effet de serre additionnel », explique Sofiane Benfaid. En fait, le CO2 émis lors de la combustion du bois est celui qui avait été absorbé par l’arbre tout au long de sa vie et transformé en oxygène grâce à la photosynthèse. On considère donc dans ce cas que le bilan de rejet de CO2 est neutre ou nul. « Par rapport à une chaufferie gaz, c’est une économie de 14.000 t de CO2 par an ici à Sevran. Cela correspond à environ 5.300 véhicules en circulation ! »

« Il n’y a pas de troncs d’arbres coupés »

La chaufferie tourne avec 20.000 t de bois à l’année, soit entre un et six camions de 30 t par jour, selon les périodes. Ce bois naturel est issu des restes de l’industrie d’exploitation forestière et de l’industrie du bois : de l’élagage, de scieries… Un mix de plaquettes forestières et de broyats de palettes. « Il n’y a pas de troncs d’arbres coupés, c’est un bois de récupération que l’on va chercher dans un rayon maximum de 150 km autour de Paris », assure Sofiane Benfaid.

Le parcours du bois est ensuite assez simple. Arrivé par camions, il est stocké dans des fosses. La chaufferie peut ainsi fonctionner plusieurs jours sans réapprovisionnement. Son taux d’humidité est contrôlé et doit se situer entre 20 et 50 % pour que la chaudière l’accepte. Le bois est ensuite acheminé mécaniquement jusqu’à celle-ci.

Le bois est chauffé jusqu’à 800 °C

La chaudière fonctionne par injection d’air comburant qui anime la combustion. Des grilles sont chauffées jusqu’à environ 800 °C pour que le bois perde dans un premier temps son humidité, puis entre dans un cycle de combustion durant lequel il va libérer son énergie. La combustion du bois est poussée à son maximum afin de minimiser les cendres. « Tout élément qui sort de la chaudière a potentiellement une énergie, donc, si on veut avoir la meilleure performance énergétique, il faut qu’il y ait le moins de sortants possible, car un sortant devient un déchet non valorisé », justifie le responsable de département.

Des tubes d’eau circulent dans tout le corps de la chaudière et sont chauffés par l’air de combustion du bois. Une fois chaude, l’eau est injectée dans les 11 km de réseau de chauffage urbain de Sevran pour arriver jusqu’au pied des immeubles des usagers. Enfin, l’air de combustion est dépoussiéré jusqu’à ses plus fines particules. « Le but est de relâcher ensuite un air totalement propre et conforme aux réglementations européennes d’émissions », assure Sofiane Benfaid.

Le rendement est quasiment équivalent à celui du gaz

« Le rendement est quasiment équivalent à celui des chaudières gaz du site, explique-t-il. La chaufferie biomasse nécessite un peu plus d’entretien et de main-d’œuvre car le combustible est solide. Le bois n’est pas le même à chaque cargaison, il faut donc, par exemple, le contrôler à chaque fois. » Aujourd’hui, les 761 réseaux de chauffage urbain en France sont alimentés à 20 % par des chaufferies biomasse.