Quiz: Contrôle des connaissances sur l’électricité verte en France et en Europe

Revisions Heymi Bahar, spécialiste des énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), fait le point sur la production d’électricité verte en France et en Europe

Propos recueillis par Alexis Moreau

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Les «énergies vertes» représentent 20% de la production énergétique française.
Les «énergies vertes» représentent 20% de la production énergétique française. — Getty Images

« Electricité verte ». Si l’expression revient souvent lors des prises de parole des politiques et dans les médias, que recouvre-t-elle vraiment ? Ce terme un peu fourre-tout englobe en réalité pas mal de choses. Les énergies solaires (photovoltaïque et thermique), l’éolien, les énergies marémotrice, houlomotrice et hydroélectrique ainsi que la géothermie et la biomasse. Heymi Bahar, spécialiste des énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie (AIE) fait le point sur la production « verte » en France et en Europe.

Heymi Bahar de l'Agence internationale de l'énergie.

Que représente la part « verte » dans la production d’électricité de France ?

En 2017, c’était 20 %. Une production largement due à l’hydroélectrique, qui représentait à lui seul 60 % de cette électricité. Viennent ensuite l’éolien et le solaire.

Où en est la France par rapport aux autres pays européens ?

L’énergie nucléaire est très importante en France. C’est pour cette raison que le pays n’est pas en pointe dans la production d’électricité renouvelable. En Norvège, 100 % de l’électricité est verte, et ce grâce à l’hydraulique. En 2017, c’était 66 % de la production en Suède, 60 % au Danemark, 34 % en Allemagne et en Italie. Mais, sur ce sujet, la France est unique, avec un grand parc nucléaire qui ne produit pas de CO2. Les autres pays utilisaient du charbon et beaucoup de gaz, avant de les troquer contre des énergies vertes. L’objectif final est le même pour tous mais les situations de départ sont complètement différentes.

La commission européenne a fixé le double objectif de porter la part « des énergies renouvelables à au moins 27 % » et d’améliorer l’efficacité énergétique (isolation des bâtiments, remplacement du matériel énergivore…) « de l’union, d’au moins 27 % » d’ici à 2030. En quoi est-ce nécessaire ?

Nos modèles statistiques montrent que réduire la consommation d’énergie est moins coûteux que d’investir dans de nouvelles technologies. On parle ici de consommer moins grâce à des produits, des techniques qui existent, qui sont sur le marché. Mais nous ne faisons pas le nécessaire pour les déployer. A l’AIE on dit souvent que l’efficacité énergétique est en quelque sorte le premier palier, c’est la chose qui doit être faite, en premier. Donc avant d’investir dans le renouvelable il faut savoir conserver l’énergie et l’Union européenne, via des aides et des politiques publiques, se concentre là-dessus.

Mais ces objectifs sont-ils tenables ?

Je ne sais pas si je peux commenter cela, mais certains pays ont déjà fait plus que ce qui était demandé grâce à la mise en place de politiques publiques. D’ici au 31 décembre, les pays européens devront présenter leurs plans pour atteindre les objectifs fixés par l’Union. A ce moment-là nous pourrons les analyser et nous verrons si ces derniers sont conformes aux attentes. [A noter que les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis à Bruxelles les 20 et 21 juin, ne sont pas parvenus à s’accorder sur un objectif de neutralité carbone en 2050]. Avant les objectifs 2030, se profilent ceux de 2020 (réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 et porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE). On ne sait déjà pas si la France va atteindre ceux-ci.