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Energie renouvelable: La nouvelle vague de l’hydrolien?

Lame de fond Cette énergie émergente produite à partir des courants marins et fluviaux n’a pas encore passé le cap de l’industrialisation

Charlotte Langlais

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Une hydrolienne.
Une hydrolienne. — Getty Images
  • Parmi les énergies renouvelables, figure l’hydrolien.
  • Il s’agit d’une énergie produite à partir des courants marins ou fluviaux.
  • Si cette technologie est prometteuse, l’hydrolien n’a pas encore passé le cap de l’industrialisation en France.

A marée haute ou à marée basse, dans la famille des énergies renouvelables, on demande l’hydrolien. A ne pas confondre avec le cousin hydraulique qui occupe les barrages. « C’est une technologie qui permet de capter l’énergie des courants marins ou fluviaux pour produire de l’électricité », résume Anne Georgelin, en charge de la filière énergies marines renouvelables au Syndicat des énergies renouvelables. Une technique prometteuse, mais qui peine à faire surface.

Pour résumer, une turbine (hydrolienne) est placée au fond de l’eau, souvent composée de pales. Ainsi, un peu à la manière d’une éolienne avec le vent, les pales de l’hydrolienne sont mises en mouvement par les courants marins. L’énergie mécanique créée est convertie en électricité. Et le tour est (presque) joué.

Energie prédictible

Outre son caractère renouvelable, le principal avantage de cette ressource est sa constance. Avec elle, pas de faux plans : « C’est une énergie extrêmement prédictible, car on peut prévoir les marées des mois à l’avance et par conséquent quand les hydroliennes vont produire de l’électricité », note Amandine Volard, ingénieure filière éolienne et énergies marines au sein de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Elle ajoute que l’hydrolien n’émet pas de CO2 pendant sa phase d’exploitation.

Autre atout non négligeable : cette source d’énergie est plutôt bien cachée donc plus à même d’être acceptée. « Elle permet d’exploiter une ressource naturelle vaste sans avoir de problèmes de conflits sur le sol avec d’autres activités humaines, explicite Andrea Michiorri, enseignant-chercheur à Mines ParisTech. On ne va pas bloquer des pâturages, donner de la pollution visuelle ou acoustique. » Reste à ne pas entraver le travail des professionnels de la mer, comme les pêcheurs, sollicités lorsque des discussions ont lieu pour définir les zones d’installation d’hydroliennes.

Au large d’Ouessant, dans le Rhône, la Garonne…

« En France, on a parmi les plus forts courants du monde », affirme Anne Georgelin. A l’instar du Raz-Blanchard au large de la Normandie et du passage du Fromveur à l’ouest de la Bretagne, où une hydrolienne a été immergée en 2018 par l’entreprise bretonne Sabella, afin d’alimenter l’île d'Ouessant. Le pays accueille également une ferme de quatre turbines fluviales dans le Rhône et une hydrolienne à Bordeaux, dans la Garonne.

Mais la mer demeure un « milieu hostile », rappelle Amandine Volard, et difficile d’accès, ce qui entraîne des contraintes d’installation et de maintenance. Contrairement à l’éolien​, technologie « mûre », « l’hydrolien est encore en phase de développement », remarque Anne Georgelin. Des brevets ont été déposés, des machines construites et testées, mais « elle n’est pas encore développée à grande échelle en France », note-t-elle. Autrement dit, ce secteur émergent n’a pas encore passé le cap de l’industrialisation, dernière vague à prendre pour surfer sur le marché de l’énergie.