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Energie: Comprendre les évolutions du prix de l’électricité

FACTURES Au mois de juin, le tarif réglementé de l’électricité a augmenté de 5,9 %. Qui décide? Comment ce prix est-il calculé? Quelles conséquences sur les autres abonnements? Explications

Mireille Fournaise

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Au mois de juin, le tarif réglementé de l'électricité a augmenté de 5,9%.
Au mois de juin, le tarif réglementé de l'électricité a augmenté de 5,9%. — Getty Images

Au mois de juin, le tarif réglementé de l’électricité a augmenté de 5,9 %​. Pour permettre de mieux comprendre cette hausse qui a fait bondir, on rembobine le fil. En France, les fournisseurs historiques, comme EDF ou les entreprises locales de distribution (telles que  Electricité de Strasbourg ou Gaz électricité de Grenoble), sont les seuls à proposer un tarif réglementé, dont le prix est fixé par les pouvoirs publics. Il s’agit par exemple du tarif bleu d'EDF.

Son montant est calculé une à plusieurs fois par an par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Dans son calcul, cette autorité administrative indépendante, chargée de réguler l’ensemble du secteur de l’énergie, prend en compte à la fois le prix de l’électricité sur le marché, ainsi que celui des coûts d’exploitation d’EDF. Elle s’appuie aussi sur la loi française qui indique que le tarif réglementé doit être « contestable » par les autres fournisseurs, c’est-à-dire que ces derniers doivent pouvoir proposer des prix concurrentiels à ce tarif.

Garantir une concurrence loyale

« L’objectif de la CRE est donc de garantir une concurrence loyale entre EDF, qui produit elle-même toute son électricité, et la trentaine d'autres fournisseurs d'électricité qui eux achètent sur le marché, à EDF ou à d’autres fournisseurs », explique Jean Gaubert, médiateur national de l'énergie. Dans les faits, pour être concurrentiels, ces derniers proposent des abonnements attractifs, en dessous du fameux tarif réglementé. Si les prix d’EDF ne sont pas en phase avec le prix de l’électricité sur le marché, l’opération n’est plus possible. « Il est d’ailleurs arrivé que des fournisseurs fassent des recours auprès du Conseil d'Etat, parce qu’ils jugeaient que la hausse du tarif réglementaire n’était pas assez forte », assure l’expert.

Pour déterminer le tarif réglementé, la CRE simule à combien EDF aurait vendu son électricité à ses clients sans perdre d’argent, si elle avait dû acheter ses mégawatts sur le marché (à l’étranger par exemple). Par conséquent, si les prix du marché augmentent fortement, comme c’est notamment le cas depuis un ou deux ans, la CRE peut décider qu’il faut augmenter le tarif réglementé de l’électricité. Elle notifie alors au gouvernement l’augmentation qu’elle juge nécessaire. Le gouvernement a ensuite trois mois pour répondre à cette notification. Plusieurs options s’offrent alors à lui. Il peut l’accepter ou choisir de ne pas se prononcer, ce qui revient au même. « Il faut savoir que depuis plus de deux ans, c’est la CRE qui a toujours le dernier mot », précise Jean Gaubert.

Une fois la hausse du tarif réglementé entérinée, les prix des abonnements des autres fournisseurs d’électricité augmentent eux aussi. Soit immédiatement, pour les tarifs indexés sur le tarif réglementé, c’est-à-dire ceux promettant de toujours rester 10 % moins cher que ce tarif, par exemple. Soit plus tard, pour les abonnements dont le prix fixe est garanti pendant un ou deux ans. Quant aux prix « indéterminés », les fournisseurs doivent informer leurs clients de la hausse minimum un mois à l’avance.