Elsa de Belilovsky.
Elsa de Belilovsky. — Etienne Dizon

Interview

Elsa de Belilovsky: «Souvent, nous maîtrisons mieux le fonctionnement de notre téléphone que celui de notre corps»

L’actrice et coach en développement personnel encourage l’expression de sa vulnérabilité pour mieux connecter son corps à ses émotions

  • L’Ecole supérieure de commerce et marketing Istec organise le Topics, un cycle de conférences à L’Européen à Paris, le 11 mars.
  • Dans ce cadre, l’actrice et coach en développement personnel Elsa de Belilovsky interviendra pour parler connexion entre corps et émotions.
  • A ses yeux, accepter sa vulnérabilité facilite le quotidien.

Somatiser : avoir une réponse physique, organique à un stress psychologique. Voilà comment les Editions Larousse définissent ces maladies de peau, maux de dos ou les dérèglements du sommeil causés par un choc émotionnel, un stress chronique ou une accumulation de petites frustrations quotidiennes.

Elsa de Belilovsky est actrice, créatrice du groupe d’improvisation théâtrale Les Improvocantes et coach en développement personnel. Quel rapport me diriez-vous ? Grâce à son vécu de comédienne, Elsa de Belilovsky souhaite aider chacun à reconnecter son corps à ses émotions et à être « vulnérable » pour mieux vivre au quotidien. Elle en parlera le 11 mars à L’Européen à Paris lors de la conférence Topics Istec, dont 20 Minutes est partenaire.

Quel sera le thème de votre intervention ?

Le constat que j’ai pu faire c’est que nous sommes beaucoup dans notre tête, dans le mental, jusqu’à complètement oublier notre corps. Quand je dis cela, je parle de l’intérieur et pas de la partie visible, dont nous nous soucions énormément. L’idée est donc de prendre conscience de son corps, trois quarts du temps, lorsque nous vivons ou subissons quelque chose de désagréable nous prenons sur nous, nous faisons comme si de rien n’était. Or tout ce que nous n’avons pas exprimé, verbalisé, va rester et nous allons ruminer toutes ces émotions négatives. A partir du moment où je vais exprimer ces émotions, je vais m’en libérer et je pourrai passer a autre chose.

C’est une démarche à faire sur soi-même ou bien l’objectif est d’apprendre à décrypter les émotions de ceux qui nous entourent ?

Non, c’est uniquement par rapport à soi, pour apprendre à mieux se connaître. Parfois les mêmes situations se répètent et c’est intéressant de comprendre pourquoi, dans ces cas précis, je me vexe. Vers quoi cela me ramène ? Est-ce que je m’autorise à le verbaliser ? Pourquoi je ne me l’autorise pas ? Est-ce que j’ai peur de déplaire ?

Notre corps est la seule chose que nous sommes certains de garder jusqu’à la fin de notre vie. Nous allons perdre nos amis, nous allons vieillir mais notre enveloppe charnelle sera la seule chose avec laquelle nous serons en relation jusqu’au dernier instant, c’est donc important d’apprendre à la connaître. Souvent, nous maîtrisons mieux le fonctionnement de notre téléphone portable que le fonctionnement de notre corps. En cas de stress est-ce que j’ai les clés, est-ce que je sais ce que je dois aller chercher à l’intérieur de moi pour me calmer ? Pas forcément.

Le sous-titre à votre prise de parole est : « Si la vulnérabilité était une force. »
Le terme vulnérabilité est souvent perçu de manière négative. Vous en faites un concept plutôt positif. Pourquoi ?

Effectivement, quand je fais des coachings en entreprise et que je dis « vous pouvez vous autoriser à être vulnérable », mes interlocuteurs entendent « tu peux t’autoriser à être faible ». Etre vulnérable n’est ni positif ni négatif, mais c’est être en accord avec ce que l’on vit. Rire sincèrement à une blague, avoir une larme d’émotion quand on est touché par quelque chose, ça aussi c’est être vulnérable. C’est avoir conscience de ses émotions et les accepter. J’accepte mon stress, j’accepte de le laisser sortir en l’exprimant plutôt que d’être fausse et de masquer ce qu’il se passe l’intérieur de moi. Masquer ce que l’on ressent pour montrer au monde quelque chose que nous pensons qu’il a envie de voir, ça pompe une énergie de fou. D’autant plus que nous sommes tous d’accord pour dire que nous préférons les rapports sincères entre individus. En étant vulnérable, j’accepte de faire des choses avec ma peur, mes angoisses et faire face aux incertitudes.