Pourquoi vous devez dire à votre chef qu'il a tort

Entreprise Pas facile de s'opposer à son boss. Mais parfois cela s'avère nécessaire, et même bénéfique si l'on bien sait s'y prendre...

Thierry Weber
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Il est important de pouvoir dire non à son boss, mais il faut le faire avec tact.
Il est important de pouvoir dire non à son boss, mais il faut le faire avec tact. — Superstock/Sipa

Votre boss arrive dans votre bureau avec une idée très précise sur la marche à suivre. Vous allez procéder ainsi, un point c’est tout. Seul problème, il a complètement faux. Il n’est pas rare que cette situation se présente dans une vie professionnelle. Si son boss à tort, il vaut mieux lui dire, mais tout est une question de contexte.

Bérangère Touchemann, fondatrice du cabinet coachingdecarrière.com est catégorique: «Il faut savoir dire non à son boss. Il faut savoir dire non à n’importe qui. L’affirmation de soi est la condition sine qua non du bien-être au travail.» Pas de doute possible alors, pas d’hésitation à avoir? «Il y a le fond et la forme. On peut tout à fait lui dire délicatement et avec bienveillance qu’on pense qu’il a tort. Mais il n’est pas dans la culture de toutes les entreprises de laisser s’exprimer», met-elle en garde.

«Plutôt en tête à tête»

Claude*, qui a occupé pendant 30 ans un poste de concessionnaire automobile en Haute-Loire semble du même avis. «Cela dépend du mode de relations installé dans l’entreprise, commente-t-il. J’avais opté pour une direction participative où je demandais les idées de mes collaborateurs. Mais cela s’établit souvent avant la prise de décision. D’une manière générale, si c’est pour éviter d’aller dans le mur, il vaut mieux le dire. Mais plutôt en tête à tête que devant toute une audience», résume l’ancien chef d’entreprise aujourd’hui à la retraite.

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Malheureusement, tous les managers n’ont pas une attitude aussi transparente. Embauchée en CDI suite à son apprentissage en stratégie dans une agence de communication, Pauline* a très vite eu des problèmes relationnels avec son supérieur. Au début, ce dernier se présentait comme très ouvert, mais il finissait toujours par n’écouter que son avis, balayant les remarques comme d’un revers de la main. «Il retournait la chose en disant 'tu n’as pas bien analysé, c’est pas malin ce que tu dis'. C’était toujours diplomatique mais il me rabaissait quand je le mettais en port-à-faux, il ramenait ça à son statut», se souvient Pauline. Après plusieurs mois de guerre psychologique en sourdine, Pauline a fini comprendre le jeu de son supérieur, «il faisait la même chose avec mes collègues», précise-t-elle. Si bien qu’elle est partie.

«S’adapter aux personnalités»

Probablement le bon choix à en croire les conseils de Bérangère Touchemann. «Si l’entreprise n’écoute pas, et que les besoins ne sont pas entendus, il faut se demander combien de temps ça peut durer avant que la corde ne craque, voire envisager d’aller voir ailleurs», déclare la coach. Ce qu’à fait Pauline donc. Mais elle a aussi appris de son expérience. «Il y a une façon de s’opposer à son boss. Lors de cette première expérience j’étais un peu candide, admet Pauline. Aujourd’hui j’ai plus de retenue et je vais plus m’adapter aux personnalités.» En espérant que dans son nouvel emploi, son manager sera plus ouvert à la critique.

*Par soucis d’anonymat, les prénoms ont été changés.

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