Autopsie du générique de True Blood

Rédaction 20 Minutes
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Le générique de True Blood comporte une soixantaine de plans répartis en 90 secondes.
Le générique de True Blood comporte une soixantaine de plans répartis en 90 secondes. — credit magazine

ANALYSE – Considérée comme l’une des plus réussie de ces dix dernières années, l’ouverture de la série de vampires pose d’emblée l’ambiance. Dissection de 90 secondes très appétissantes.

«Before the night is through, I wanna do bad things with you», comprenez «avant que la nuit ne s'achève, je veux faire de vilaines choses avec toi». Ainsi commence True Blood, la série d’Alan Ball, avec ce titre Bad Things de Jace Everett. «La musique entraîne le spectateur dans l’Amérique profonde ce qui introduit tout de suite l’esprit de la série», observe Anne-Sophie Vermorel de SériesAddict. Rama Allen (également auteur du générique de Vikings) et Matt Mulder l’ont créé en 2008 à travers le studio Digital Kitchen (Dexter, Six Feet Under).



Mais alors qu’un générique se doit, de coutumes, de présenter les personnages, celui de True Blood pose le décor. Osé, cru, sanguin et fantastique, il correspond vraiment à l’univers des personnages de la petite ville de Bon Temps. Pour la spécialiste séries, il évoque également le sexe et la violence dès les premières notes: «On sait tout de suite à quoi on va avoir affaire, c’est très différent des musiques intrigantes beaucoup utilisées pour ce type de productions.»

Une maîtrise absolue

Pour Alexandre Letren, journaliste à Season One, «c’est un bon générique, car on n’a pas envie de faire une avance rapide». On y découvre ainsi les traditions de la Nouvelle Orléans, du bayou, et les travers de cette société. «On reste captivé par ces images très réussies de nature et de possession puisque la série porte aussi sur l’intégration des vampires, c’est presque un clip promotionnel pour les vampires!», estime le spécialiste. Cette œuvre militante pour les vampires attire les humains vers eux grâce à une succession d’une soixantaine de plans répartis en 90 secondes.

Ce rythme effréné dévoile parfois «la vie comme une bête de foire », selon Alexandre Letren. On passe d’images de jouissance à des scènes religieuses sur un montage toujours plus rapide. Chose étonnante, le thème de la série n’est pas évoqué: pas de crocs de vampires dévoilés. Ce qui n’a pas empêché le générique d’être nominé en 2009 pour l’Emmy award de la catégorie éponyme. Le journaliste de Season One «ne sait pas s’il résistera à l’épreuve du temps, mais il va hanter les esprits encore un bon moment.»

Colette Dupuis

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