Comment True Blood a modernisé l'image des vampires

Rédaction 20 Minutes
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La personnalité des vampires, personnages imaginaires, a bien évolué dans la littérature et sur les écrans depuis Dracula.
La personnalité des vampires, personnages imaginaires, a bien évolué dans la littérature et sur les écrans depuis Dracula. — Rex Features/ Sipa

ÉVOLUTION – De l'avis général, True Blood a dépoussiéré le mythe du vampire. Si la série ne crée rien de nouveau, ou presque, elle renoue  avec la grande tradition des buveurs de sangs, le tout de qualité.

Il y a d'abord eu Dracula, un noble maudit par Dieu et condamné à se nourrir de sang humain et à pleurer la perte de sa bien-aimée. De lui, les vampires ont tiré leur aura aristocratique.

Dans les séries, sans doute à cause du jeune public visé, on trouve aussi, depuis quelques années, nombre de vampires croisant le chemin de lycéens ou de jeunes étudiants, que ce soient dans Buffy contre les vampires, Vampire Diaries ou encore Twilight.

Mais avec True Blood, fini les midinettes et le romantisme et les vampires qui continuent d'aller à l'école. Les vampires trop humains deviennent des prédateurs avec des problèmes d’adultes. Ils sont éternels mais l'amour ne l’est pas forcément. Le sexe et la faim peuvent primer sur les bons sentiments.

La renaissance

Mais d’autres œuvres ont bousculé la traditionnelle représentation du vampire avant True Blood. Selon Estelle Valls de Gomis, illustratrice et auteur du Vampire au fil des siècles: enquête autour d’un mythe, «Anne Rice a humanisé le vampire en tant qu’entité. Avant, c’était souvent un monstre isolé. Elle lui a donné la parole. Elle l’a fait s’exprimer sans toute fois oublier qui il était. Tous les vampires modernes sont calqués sur ses créations.»

L’auteur d’Entretien avec un vampire est donc l’autre écrivaine majeure qui avec Bram Stoker et son Dracula ont forgé le mythe du vampire contemporain.

Un miroir à deux faces

Ce qui a changé avec True Blood, c’est la rupture chronologique de ce que ce qu’étaient devenus les buveurs de sang depuis les années 2000. Adrien Party, webmaster du site vampirisme.com considère «qu’à force de trop l’humaniser, on perd tout intérêt pour la créature».

Léa Silhol, écrivaine, poursuit: «Le vampire est une façon de composer avec des inquiétudes comme la violence, la peur, tout ce qui nous est inconnu. Dans le cas du vampire, le principe d’attraction-répulsion est particulièrement fort.»

On en est donc loin avec les gentils vampires de Twilight notamment avec le clan Cullen dont est issu le héros Edward qui se qualifient de végétariens, car ils ne se nourrissent que de sang d'animaux.

Un retour cyclique

True Blood offre aux vampires un retour aux peurs quotidiennes, celle de l’étranger, de la maladie, de la mort et du sexe. Mais il y a plus encore. Au fond, ce qui change avec la série, c'est la façon de montrer les choses: le monde n'est pas plus maléfique parce que les vampires existent.

Ils chassent les humains mais au même titre que les humains pourchassent les vampires. «En période de crise, la figure du vampire refait surface car il incarne toute l’horreur, ou l’aseptisation, du monde dans lequel on se trouve. On est à la fin d’une boucle aujourd’hui », note Estelle Valls de Gomis.

Alors si une chose différencie les vampires de True Blood du comte Dracula, c'est cette capacité qu'ils ont à être des prédateurs, un monsieur tout le monde du mal, certes, mais pas plus que les hommes et surtout plus des vrais monstres.

Ainsi, après le maudit, le diabolique, le sarcastique, le machiavélique, le moqueur, le vertueux, l’innocent et enfin l’humain, le vampire n'en est pas à sa dernière mutation.

Marianne Clonta

>>> Retrouvez nos articles consacrés aux séries HBO: True BloodTrue DetectiveGame of Thrones et Veep.

La septième et ultime saison de True Blood est en vente en DVD à 39,99 € et en Blu-Ray à 49,99 €.
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