HIGH-TECH - Le Push est le premier coach électronique à mesurer la force. Sa mission : aider les sportifs, amateurs comme professionnels, dans le suivi et l'amélioration de leurs performances, tout en prévenant les blessures.

Tout commence par une blessure. Amateur de musculation, Rami Alhamad pousse la charge trop loin et écope de plusieurs semaines de repos forcé. La suite, c’est Suresh Joshi, cofondateur et directeur de la technologie chez Push, jeune startup canadienne, qui la raconte : «Pendant sa convalescence, Rami a cherché des instruments pour suivre ses progrès, et l’accompagner dans sa récupération.» Seulement, les solutions présentées sont soit trop complexes soit trop onéreuses. «L’idée lui vient alors de créer son propre capteur.»

Un brassard connecté et intelligent

Contrairement aux trackers d’activité grand public, comme le Nike Fuelband pour ne citer que le plus connu, le brassard des Canadiens s’adresse donc à une niche de sportifs bien précise : les adeptes de musculation. «Il y a beaucoup de podomètres intelligents sur le marché, mais il n’existe rien de comparable, validé scientifiquement, pour les salles de sport», explique Suresh Joshi. «Aujourd’hui, tout le monde veut en savoir davantage sur lui-même, pour s’améliorer. Le Push dit au sportif "Voilà exactement ce que tu as fait", et permet d’en tirer de précieux enseignements.»

Porté au bras pendant l’effort, l’appareil mesure force, puissance, et vélocité de l’utilisateur. Les données récoltées sont transférées en bluetooth vers l’application mobile (iOS et Android). Mais pas question de bombarder les sportifs de chiffres compréhensibles seulement par un médecin, prévient le directeur de la technologie : «L’application est très simple d’accès, et expliquera point par point la signification de chaque donnée, à la manière d’un coach.» En un clin d’œil le sportif verra si le poids qu’il soulève est trop élevé, ou trop bas, et pourra réagir en conséquence. «Le principal, reprend Suresh Joshi, c'est de connaître ses limites, et d'optimiser sa progression de manière sécurisée.»

Prévenir la blessure

Autre point important en musculation, et pris en compte par le Push, la qualité du mouvement. Rétrospectivement, le capteur sera en mesure de dire si son porteur se place bien pendant l’exercice ou, au contraire, s’il se met en danger. L’équipe de développement du Push se dit particulièrement attentive sur ce point : «On travaille avec des coachs pour sécuriser un maximum la pratique. Il y a le fait d’accomplir un exercice, et celui de le faire de la bonne façon.» Une fonction de simili diagnostic qui donne un avant-goût des ambitions médicales du projet. D’ailleurs, Suresh Joshi ne s’en cache pas : «Une fois qu’on sera plus murs, je serais très fier de voir des médecins du sport utiliser le Push comme un outil de rééducation et de suivi.»

Sans soulever les foules, le tracker musclé a soulevé les fonds (avec un prix d'appel à 139$), et atteint son objectif de 80 000$ moins de deux semaines après son apparition sur la plateforme de crowdfunding Indiegogo.  Suresh Joshi, Rami Alhamad et Mike Lovas, troisième cofondateur et responsable de la conception, aimeraient doubler ce montant d’ici à la fin de la campagne de financement, afin de pouvoir offrir le meilleur produit possible, et, éventuellement, avancer sa sortie.

Le Bayern Munich intéressé?

Pour l’heure, la startup prévoit de livrer ses premiers capteurs en avril ou mai 2014. L’intérêt pour l’objet ne devrait faire que grandir d'ici-là. Alors que le moindre brassard n’a pas encore été vendu, les canadiens ont fait sensation chez plusieurs clubs de football américain, baseball, hockey... jusqu'aux sports de combat. Une équipe de football allemande s'est également positionnée. «Tout ce que je peux dire c’est que je ne suis pas du tout le foot mais que je connaissais quand même l’équipe», lâche Suresh Joshi, forcé de garder le secret.

Pour ne pas s’éparpiller, la startup a limité la première version du Push au lever de poids. Mais Suresh Joshi, passionné par l'escalade, Rami Alhamad et Mike Lovas, en joueur de squash assidu,  pensent déjà à muscler le répertoire de leur petit boîtier. La concurrence est prévenue.

Romain Gouloumès