INTERVIEW - Fitnext, le site de remise en forme d'Erwann Menthéour, ancien cycliste et chroniqueur de 100% Mag sur M6, a levé 750 000 € de fonds le 9 septembre 2013. Forte de 5 000 abonnés mensuels, la plateforme applique une méthode qui lui est propre, mélange de naturopathie et d’enseignements tirés de l’expérience personnelle du coureur. Explication.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser au monde du coaching?

Après m’être retiré du monde du cyclisme, mon épouse et moi avons connu successivement quelques problèmes de santé. Dans ces conditions, j’ai constaté que nous manquions d’outils pour aller mieux alors que nous étions malades.

Pourquoi lancer un site et ne pas faire du coaching tout court?

Je l’ai fait. J’ai été très bien payé pour coacher des célébrités. Mais qui peut se permettre un coach de nos jours ? Pas grand monde. Du triathlète au sportif du dimanche, l’idée de Fitnext est de démocratiser et en même temps de personnaliser à l’extrême la méthode. Pour cela, j’ai réuni des professionnels de toutes les spécialités, tous préoccupés par la santé durable. Ensemble, nous avons rédigé un questionnaire d’une centaine de questions, pour en savoir le plus possible sur nos interlocuteurs, et développer un programme sur mesure. La méthode permet également de repérer les éventuelles carences ou dysfonctionnement dans l’alimentation, et même au delà.

Vu comme une forme d’auto-coaching, le quantified self peut-il contribuer à améliorer notre santé selon vous?

On assiste à l’émergence d’une génération plus responsable, et à une mutation de nos comportements vis-à-vis de la santé sur le web. Le self tracking compense certainement un manque humain, mais on ne peut pas dire que ce soit un coach à part entière. A Fitnext on répond à toutes les questions en direct, pendant les horaires ouvrables. Le self-tracking vient pour moi en complément. Notre application mobile sera d’ailleurs développée en open source pour pouvoir nouer des partenariats avec les professionnels du quantified self.

Comment vous démarquez-vous des autres solutions coaching et régime? Aujourd’hui, tout le monde à une solution différente à nos problèmes de poids…

Tous les médecins et les régimes stars te disent «faites ça» ou «faites du sport» sans autre forme d’explication. Notre politique est différente, on aborde la géopolitique du corps et de la nutrition. On s’attarde sur tous les enjeux. Par exemple, un régime seul ne permet pas de faire maigrir durablement. Il faut fournir également des efforts adrénergiques (musculation, sauts, sprints…), pour déclencher le processus d’amaigrissement et aboutir à de tels résultats. Seule la synergie des deux permet d’atteindre un poids idéal. Il en est ainsi que l’on soit sportif de haut niveau ou non. Je pense qu’il faut évangéliser, expliquer les enjeux, et donner les leviers pour les atteindre. La chance qu’offre notre modèle économique, c’est que 6 mois avec avoir travaillé avec un coach on va refaire appel à lui, alors que nos tarifs et notre politique permettent d’être suivi sur le long-terme. D’ailleurs, on ne se considère pas comme un régime. Fitnext propose un programme minceur. Les personnes passées par le régime Dukan nous rejoignent pour ça.

Trop fastidieuse, catalogues trop limités… le suivi de l’alimentation est certainement le parent pauvre du quantified self. Comment avez-vous traité  ce point?

L’approche pédagogique est privilégiée. Chaque semaine, la personne suivie nous dit ce qu’elle a mangé. Le programme alimentaire a été défini avec des spécialistes de la nutrition pour corriger les déséquilibres constatés au départ, et en même temps atteindre le poids cible. Il fonctionne intelligemment. Des données de la semaine, il adapte celui de la semaine suivante. On ne serre pas la ceinture. Le client est libre de changer de recettes ou d’ingrédients, en suivant le tableau d’équivalences. Pour notre part, le message est simple : concentrez-vous sur la qualité de vos produits, et voilà comment les manger. En moyenne, les femmes qui suivent le programme perdent 4,5kg en 40 jours, les hommes 5,5kg. Si l’activité physique est maintenue, c’est du poids définitivement perdu.

Propos recueillis par Romain Gouloumès