PREVENTION - Alors que l’influence des ondes électromagnétiques sur la santé humaine fait débat, certains privilégient le principe de précaution. C’est le cas de Fazup, le premier patch anti-ondes pour mobile, homologué, validé scientifiquement et… vendu en pharmacie.

« Vous permettez que je vous rappelle depuis un poste fixe ? » Quand un journaliste contacte Antoine Samakh sur son portable pour une interview, il doit s’attendre à ce genre de réponse. Le cofondateur de Fazup et son frère jumeau Mathieu ont beau baigner dans le milieu de la santé et de la téléphonie depuis une dizaine d’années, ils appliquent systématiquement le principe de précaution. Leur création, un patch anti-ondes, homologué et validé en laboratoire, permet à tout possesseur de smartphone d'en faire de même, sans interférer pour autant avec son utilisation.

Un rayonnement diminué de 76 à 99%

Comment ça marche ? Collé au dos du téléphone mobile, le patch supprime une partie de son rayonnement, tout simplement. L’antenne intégrée à l’autocollant réduit les émissions sur la face avant du téléphone, en contact direct avec l’utilisateur. L’idée est peut-être simple, mais en tout cas elle fonctionne. Le niveau d’émission des téléphones, alias DAS, diminuerait de 99% chez un Samsung Galaxy S3, et de 76% sur un iPhone 5. Une fois n'est pas coutume chez les protections anti-ondes, ces chiffres ne sont pas sortis d'un chapeau, mais validés par un laboratoire, accrédité Cofrac.

Si la protection est avérée, elle n'est pas parfaite, comme en attestent les écarts de réduction du DAS d'un modèle de portable à l'autre. L’efficacité du patch diffère selon la position des antennes à l'intérieur du téléphone explique Antoine Samakh. « Chez Apple, elles sont placées sur les côtés alors que Samsung les met plutôt en bas. Mais nous travaillons sur des patchs optimisés pour chacune des situations. » Quant à l’impact sur la qualité du signal, il est minime, voire inexistant, assure-t-il. « On a constaté que certains mobiles, ceux qui captaient le moins bien, pouvaient être pénalisés. Mais uniquement quand l’utilisateur se trouve en zone limite de couverture. »

La startup travaille également sur des coques avec circuit intégré. C’était d’ailleurs l’idée de départ des jumeaux. Sauf que l’objet s’est très vite heurté aux considérations esthétiques des possesseurs de téléphones: « Aujourd’hui, le smartphone est devenu un accessoire de mode, qu’on montre, qu’on expose. On a donc travaillé pour rendre l’autocollant le plus discret et passe-partout possible. Les coques, elles, seront personnalisables à volonté », promet le patron de Fazup.

La 4G? "Une bombe à retardement"

Sur l’opportunité de vendre de la sérénité alors que le danger des ondes GSM est suspecté, mais pas encore avéré, Antoine Samakh répond par un discours bien rodé. Pour lui, les risques sur la santé ne font pas l’ombre d’un doute. «L’OMS a classé les ondes comme potentiellement dangereuses en 2011, et l’Anses a conclu a des risques pour la santé des gros utilisateurs, c'est-à-dire pour tous ceux qui téléphonent plus de 30 minutes par jour.» Mais le pire aurait été tu, selon lui. «L’Anses ne dit rien de la 4G, mais c’est une vrai bombe à retardement. Les niveaux de rayonnement sont bien plus élevés que sur la 2G ou la 3G. Vu que le déploiement est en cours chez les opérateurs, il aurait été mal vu de la part de l’Anses de rendre un rapport plus incisif.»

Accessoire mobile mais aussi objet de prévention, le Fazup est sans doute le premier de son genre à truster les rayonnages des deux univers. Si les Samakh excluent pour le moment la commercialisation en grande surface, le circuit imprimé, vendu 34,90€, a déjà trouvé sa place dans une centaine de pharmacies partenaires. Très ambitieuses, les estimations tablent sur trois millions de vente dans les deux prochaines années. Il a beau supprimer les ondes, le patch français entend rayonner large.

Romain Gouloumès