TEST - L’un est une montre, l’autre une application iPhone. Tous les deux se flattent de réveiller les dormeurs au meilleur moment pour attaquer la journée, puis d’analyser nos nuits à grand renfort de statistiques et de courbes. Au banc d’essai : la dernière version du Sleeptracker, le premier réveil intelligent commercialisé, et la plus connue des applis iOS à le concurrencer sur son propre terrain, Sleep Cycle.

 

Prise en main : Sleep Cycle plus intuitif

L’interface de Sleep Cycle n’a pas bougé d’un iota depuis sa sortie en 2009. Pas besoin auraient pu nous répondre les développeurs, tant  la simplicité semble être au cœur de l’expérience utilisateur. Chaque onglet a une place et une fonction bien définie. C’est un peu moins le cas sur le Sleeptracker, ou entre les boutons, et les pressions prolongées, on se mélange un peu les pinceaux au moment de paramétrer son réveil. Après deux-trois jours d’acclimatation, la montre se commande au doigt et à l’oeil. On s’étonne juste que, sur le modèle prêté par Sleeptracker, l’activation de la lumière s’accompagne d’un bruit de fond très perceptible, pour ne pas dire assez désagréable. A voir si ce problème est dû à une erreur de fabrication ou généralisé.

Précision : avantage au Sleeptracker

Pour un appareil qui n’a pas été conçu pour ça au départ, l’iPhone s’en sort plutôt pas mal. Le tableau n’est pas parfait pour autant : la reconnaissance de mouvement dépendra énormément de la rigidité du matelas et du comportement de son partenaire pendant la nuit. Après une chute au pied du sommier, le réveil a quand même trouvé le moyen de sonner en avance… Etrange. Sleeptracker mise tout sur sa spécialité : l’analyse des mouvements effectués durant la nuit pour reconnaître au plus précis les phases de micro-éveil, et donc le moment de réveil optimal. Une fonction qui se paye mais qui fait toute la différence à l’usage. Après, il ne faut pas s’attendre à lire ses emails sur son cadran numérique. Ce n’est qu’une montre, pas très belle avec ça, doublée d’un réveil intelligent… Le Sleeptracker est typiquement le genre d’objet qui ne sortira pas de la chambre. Dommage.

Réveil : la montre pour sa discrétion

Avantage au SleepTracker, avec son réveil en douceur. La fonction vibreur a le mérite de ne tirer hors de son sommeil que le porteur de la montre, et non tous les occupants de la pièce. Les utilisateurs d’iPhone se reconnaîtront. En même temps, la mélodie de réveil de Sleep Cycle est autrement plus agréable que celle de son premier concurrent sur l’AppStore, Sleep Time.

Autonomie : Sleeptracker haut la main

Les développeurs de Sleep Cycle conseillent de brancher le téléphone au moment de se coucher. Par principe de précaution vis-à-vis de ces ondes électromagnétiques dont on sait rien ou presque, le mieux est peut-être de s’abstenir. En mode avion, la batterie devrait se vider d’environ 20% durant la nuit. Conçu au départ comme une montre, le Sleeptracker a plutôt la tête du marathonien de l’étape. Il faudra au moins un an avant de changer sa pile.

Capacité d’analyse : Sleepcycle tient la route

Avec un réveil à l’intelligence en dents de scie, Sleep Cycle vaut surtout pour ses fonctions analytiques. Sans quitter son téléphone, l’utilisateur peut observer les courbes de son sommeil, et analyser s’il a assez dormi cette semaine ou non. Les options ajoutent une fonction « qualité du réveil » et « facteurs » où il est possible d’indiquer si l’on a mangé, fait du sport etc. avant de se coucher. Sans trop de surprise, le Sleeptracker est plus complet sur ce volet. Seule contrainte : devoir brancher sa montre pour charger ses données et éventuellement en ajouter d’autres  (alimentation etc.) afin d’enrichir les statistiques. De ce côté, il y a du mieux par rapport aux précédents modèles. La mémoire interne de la montre peut maintenant enregistrer jusqu’à 14 nuits d’affilée.

Conclusion : Comme on pouvait s’y attendre, un duo smartphone et application à 0,89€ ne sera pas aussi précis qu’une montre vendue autour de 149,90 €. Le Sleeptracker n’est pas pour autant un appareil médical en capacité de détecter une apnée du sommeil. Cela ne les empêche pas l’un et l’autre d’avoir de vraies qualités. Encore une fois, tout dépend de l’usage que l’acheteur souhaite faire de son réveil intelligent. De par son prix, la montre américaine se destine clairement aux personnes qui ont du mal à sortir du lit, dormant peu ou mal. Chez ce type de population, un réveil efficace semble quasi indispensable afin de commencer la journée du bon pied. Tandis que, pour moins d’un euro, Sleep Cycles donnera au grand public l’occasion de se pencher sur la qualité de ses nuits, et de réagir en conséquence.

PAR ROMAIN GOULOUMES

Et vous, quelle expérience avez-vous des réveils intelligents ? D'autres que ceux-ci valent-ils le coup ? Dites-le nous dans les commentaires.