Comment la tablette est devenue indispensable aux sportifs

Rédaction 20 Minutes

— 

Avec sa tablette, Scott Novack, supervise les performances de l'équipe américaine de bobsled et de skeleton.
Avec sa tablette, Scott Novack, supervise les performances de l'équipe américaine de bobsled et de skeleton. — DR

SOTCHI 2014 - Jamais sans ma tablette. Chez les sportifs de haut niveau, iPad et consorts sont devenus d'indispensables outils de coaching, synonymes de meilleures performances.

iPad égal médaille? Ce n'est pas impossible. Parmi les centaines athlètes et d’entraîneurs en compétition aux Jeux olympiques de Sotchi, ils sont de plus en plus nombreux à utiliser leur smartphone ou leur tablette comme outil d'analyse de performances. Loin d'être confinée à une seule discipline, cette tendance est le signe que quelque chose est en train de changer dans le sport de haut niveau.

Ne vous attendez pas à du grand art, du clip Vine ou Instagram. Le sportif professionnel a un usage très limité de la vidéo mobile, le ralenti. Ce mode n'a pas son pareil pour décortiquer un triple lutz ou un virage en bobsleigh. Certains Français, d'ailleurs, ne jurent que par ça. Kevin Rolland, l’un des plus gros espoirs de médailles tricolores, utilise son smartphone comme solution de rechange. Quand son caméraman n’est pas là, le prince du ski half-pipe actionne le mode ralenti de son iPhone. Il visualise ensuite ses sauts avec son entraîneur dans le but de corriger les dernières imperfections.

Une analyse quasi-immédiate

D’autres sportifs ont sauté le pas et totalement remplacé les solutions caméras/PC par l’objectif de leur smartphone. Lancée il y a moins de deux ans, l’application Ubersense (iOS seulement) recense plus de deux millions d’utilisateurs à travers le monde. Certains d’entre eux concourront à Sotchi, à l’instar de l’équipe américaine de bobsled et skeleton. Principal avantage: alors que les images devaient auparavant être transférées sur ordinateur puis re-téléchargées, il ne faut plus que quelques minutes entre la prise de vue et l'analyse. L'écran de la tablette peut même afficher deux vidéos simultanément. L’athlète peut ainsi comparer deux de ses vidéos, ou s’inspirer des mouvements d’un autre sportif. Il n'y a pas de honte à imiter les meilleurs, même aux Jo.

>>> Découvrez nos autres articles sur le sport connecté

Patrick Deneen, spécialiste du ski acrobatique américain a une autre application préférée, Coach's Eye. En plus d'être multi-plateforme (iOS, Android et Windows 8 et RT), celle-ci permet d’ajouter des notes à même la vidéo. Du bout du doigt, le coach surligne en couleur les points que son poulain doit parfaire. « Au niveau mondial, la plupart des entraîneurs de ski acrobatique, si ce n’est tous, l’utilisent, d’après Patrick Deneen. Ca a beaucoup changé notre façon de nous entraîner par rapport à Vancouver », il y a quatre ans. Pour Mike Kujansuu, en charge du marketing, Coach’s Eye doit une bonne partie de son succès à sa barre de contrôle, ou "flywheel". Grâce à elle, l'utilisateur peut se déplacer dans sa vidéo, frame par frame : « Les athlètes ont rarement l’occasion de voir comment ils se comportent dans l’action. L’application permet d’analyser très précisément le moindre mouvement dès la fin de l'exercice. »

Des solutions utilisées aussi bien par les pros que par les amateurs

Plus rapide, la solution mobile est aussi et surtout moins chère. « C'est simple, notre application est gratuite, note Krishnan Ramchandran, fondateur de Ubersense. Ils ont seulement à acheter l’iPad. » Même chose sur Coach’s Eye. Il en coûtera de 5 à 35€ pour passer de la version lite à la pro. Et si l'on parle surtout d'eux à l'occasion des Jo, les sports de glisse ne sont pas les seuls à faire des économies : « En plus du curling, du saut à ski et du bobsleigh, on a parmi nos utilisateurs des professionnels et des amateurs d’athlétisme, gymnastique, natation… et même de lancer de poids », énumère Krishnan Ramchandran.

Si la technologie prend du poids aux Jo, l’inverse est aussi vrai. A l’approche des épreuves, les serveurs des applications croulent sous les vidéos. Pour ses premiers Jo depuis le lancement d'Ubersense, Krishnan Ramchandran trouve dans tout ce bouillonnement une forme d’inspiration :  « On vit avec les sportifs, on les voit s’entraîner et utiliser l’appli tous les jours, c’est très enthousiasmant. Ça nous donne l’impression qu'Ubersense va participer, d’une façon ou d’une autre, à décrocher des médailles. »

Romain Gouloumès