Le sprint des courses nocturnes urbaines

RUNNING Courir lors d’un événement de nuit devient une autre manière de passer une bonne soirée...

Marion Buiatti

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Pendant l'Electric Run le 20 juin 2015, les participants n'hésitaient pas à s'arrêter de courir pour danser.
Pendant l'Electric Run le 20 juin 2015, les participants n'hésitaient pas à s'arrêter de courir pour danser. — Anthony Dubois

On ne les a pas vues arriver. Elles font pourtant parfois du bruit comme l’Electric Run (5 km) avec son départ et son arrivée clubbing. D’autres ont des idées lumineuses en s’associant à une bonne cause comme l’Energizer Night Run (6,5 km) avec l’Unicef. Et puis il y a celles qui se contentent de décliner le format de course chrono classique en version nocturne comme La Noctambule (10 km).

Courir la nuit n’est pas une révolution en soi. Des événements comme la Saintélyon ou la Nocturne Urrugne Ibardin Trail (N.U.I.T) existent depuis plusieurs années. Cependant, ces derniers sont des trails et se déroulent donc en dehors de la ville. «En Île-de-France, il n’y a aucune course de nuit autorisée dans Paris intramuros. C’est principalement lié à des raisons de sécurité et de nuisances pour les riverains. Quand à bloquer des gros axes, qui plus est le week-end… On comprend pourquoi les courses sont plutôt organisées le dimanche matin», intervient Morgan Taldir, directeur associé de l’agence Infiniment Sport qui organise La Noctambule depuis 2014.

Une organisation très exigeante

Réussir à composer et à respecter le cahier des charges exigé par les préfectures et les mairies peut s’avérer être un véritable calvaire. «Il y a des horaires imposés, des règles de sécurité strictes. On doit être énormément staffé pour bien gérer les flux de coureurs», explique Julien Galland, directeur de projet chez Golozo, agence de marketing sportif organisatrice de l’Electric Run. Et pour être certain de mettre en place à Paris cette course créée il y a un peu plus de deux ans aux Etats-Unis, il fallait être malin. «Si nous avions demandé à ce que le parcours passe sous la Tour Eiffel ou place de la République notre demande aurait été rejetée. Au Bois de Boulogne, on voyait malgré tout la Tour Eiffel et le site est tout aussi hallucinant», poursuit-il.

Organiser une course de nuit implique également un coût plus important pour les organisateurs. Les  prix des dossards s’en ressentent principalement selon le lieu de course choisi. 45€ pour l’Electric Run au Bois de Boulogne, 27€ pour la Noctambule entre La Défense et Puteaux (avec 2€ reversé à Sidaction) et 12€ pour l’Energizer Night Run au Domaine de Saint-Cloud (qui serviront à financer les 30.000€ promis à l’Unicef). «C’est 30 à 40% plus cher qu’une course de jour. Notamment à cause des barrières, des panneaux et des dispositifs d’animation plus onéreux à cause de l’éclairage par exemple», informe Morgan Taldir.

Cap sur l’originalité

Mais c’est ce qui fait aussi tout l’attrait des courses de nuit. Les structures lumineuses, les lampes frontales et/ou la musique qui les animent offre une nouvelle expérience sensorielle aux runners. «Le côté nocturne donne un coté émotionnellement différent de la course typique du dimanche matin, 9 heures. Et puis, en ville, la majorité des coureurs à pied s’entraînent le soir. C’est un moment propice pour la pratique, mais aussi un moment festif pour partager collectivement», raconte le directeur associé de l’agence Infiniment Sport.

Cela attire également des sponsors peu habituels. «C’est intéressant d’être partenaire d’un événement différent, un peu atypique, comme l’Energizer Night Run. C’est une première édition française d’une course internationale. Comme Neoness a une communication décalée et fun, on cherchait cette originalité à laquelle s’associer», explique Julie Caloone, responsable événementiel et partenariats de la marque des clubs de sport. Et ce pari risque de rapporter gros puisque le phénomène des courses fun comme la Color Run ou la Bubble Run ne cesse de croître depuis deux ans. «On voit clairement une évolution du running avec le fun run qui connaît un réel succès de part des pratiquants et des non pratiquants. La fête est le prétexte pour venir faire du sport. C’est bien car notre mission, c’est de faire bouger les gens», conclut Julien Galland.