Bordeaux: Une liaison en Thalys vers Bruxelles pour cet été, une autre vers Londres à l'étude

TRANSPORTS La SNCF a confirmé ce lundi que la liaison Bordeaux-Bruxelles en Thalys serait mise en circulation à partir du 29 juin, et qu’elle était en train de finaliser son étude pour la création d’une liaison Bordeaux-Londres en Eurostar…

Mickaël Bosredon

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Londres le 01 decembre 2011. Ambiance Illustration Train Eurostar. Voyage 2h  paris Londres en train.  Transport ferroviaire.
Londres le 01 decembre 2011. Ambiance Illustration Train Eurostar. Voyage 2h paris Londres en train. Transport ferroviaire. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Une liaison directe entre Bordeaux et Londres en 4h30 est à l’étude, mais s’avère assez compliquée à mettre en place en raison des aménagements à réaliser en gare de Bordeaux.
  • La SNCF annonce également lancer une étude de réaménagement du parvis de la gare de Bordeaux, saturé.
  • Elle poursuit par ailleurs sa politique de petits prix sur la liaison Bordeaux-Paris, avec le lancement de plusieurs promotions.

Le lancement de la LGV entre Tours et Bordeaux en 2017, qui a mis la capitale girondine à 2 h de Paris, est en train de donner des idées à d’autres opérateurs ferroviaires. La SNCF en Nouvelle-Aquitaine, et notamment sa branche Gare et connexions, a confirmé ce lundi qu’elle devait se « préparer à accueillir tout type de transporteur » dans les prochaines années.

Des transporteurs plus ou moins affiliés à la SNCF. Celle-ci a ainsi confirmé le lancement d’une liaison Thalys entre Bordeaux et Bruxelles cet été. « A partir du 29 juin, tous les samedis, une offre Thalys effectuant l’aller-retour entre Bordeaux et Bruxelles, sera proposée à partir de 40 euros. Le temps de trajet devrait être de 4 heures », détaille Patrick Lopez.

La complexité pour une liaison vers Londres est la « stérilisation » des rames en gare

La SNCF a par ailleurs annoncé qu’elle était en train de finaliser son étude de faisabilité des adaptations nécessaires de la gare de Bordeaux Saint-Jean pour une liaison transmanche. Cette étude est menée conjointement avec Lisea (concessionnaire de la LGV Tours-Bordeaux), Eurotunnel et HS1 (High Speed 1). Stéphane Lambert de Gare et connexion ne veut pas parler d’Eurostar pour ce projet, mais bien de « projet transmanche », car « si aujourd’hui on connaît Eurostar, il pourrait y avoir d’autres opérateurs demain. »

En tout cas, « nous sommes en train d’étudier la possibilité d’accueillir à Bordeaux des trains qui se rendraient à Londres, confirme Stéphane Lambert. C’est évidemment compliqué car pour aller à Londres, et notamment dans un contexte de Brexit, il y a quelques formalités administratives et de douanes complémentaires, et on embarque un peu plus difficilement dans un train pour l’Angleterre que pour la Belgique ou Paris. Cette étude est en cours pour pouvoir, dans un horizon de quelques années, accueillir cette desserte vers la Grande-Bretagne. » Le temps de trajet de cette liaison directe est estimé à 4h30.

L’étude « doit être remise aux commanditaires à la fin du mois de janvier. » Elle concerne plusieurs aspects, notamment « comment accueillir ces trains sur un quai dédié, ce que l’on n’aime pas trop faire, car on préfère que les quais puissent recevoir différents trains. Derrière se posent d’autres enjeux en termes de prise en charge des voyageurs et de contrôle de douane. Il y aura des petits aménagements immobiliers à réaliser, soit dans le bâtiment existant, soit en créant des annexes au bâtiment de la gare. Le terminal transmanche à Gare du Nord est isolé de la même manière, ceci pour éviter la rupture de charge à Lille. »

Un accueil spécifique des voyageurs Ouigo dans le hall 3

Pour faire face à cette concurrence qui pourrait arriver un jour sur Bordeaux-Paris, la SNCF dit vouloir anticiper et améliorer ses dessertes. Elle a ainsi annoncé la création d’un arrêt supplémentaire à Massy au sud de Paris, « ce qui devrait contribuer à développer l’attractivité de Bordeaux. »

D’autres aménagements sont à venir par ailleurs en gare de Bordeaux. La SNCF travaille « à un accueil spécifique des voyageurs Ouigo dans le hall 3, celui qui est du côté Belcier. » Le but est de « faciliter leur embarquement, tout en créant du flux dans ce nouveau hall, qui donne sur le quartier Belcier en plein développement. »

Une autre étude sur la gare de Bordeaux, à plus long terme, est en cours concernant le parvis. « Avec la station de tramway, il est un peu saturé. Il faut qu’on anticipe à horizon de 5 à 10 ans, avec la ville, la métropole, la région, pour pouvoir gérer ces flux de plus en plus importants à cet endroit. »

Une promotion Bordeaux-Paris à 16 euros

Côté tarifs, « nous allons proposer en 2019 plus de 4 millions de places à petits prix sur la ligne Bordeaux-Ile-de-France (Ouigo et Prem’s), et à partir de mardi, une promotion entre Bordeaux et Paris-Montparnasse, qui débutera à 16 euros, sera lancée. »

L’offre « AR malin » testée en 2018 entre Bordeaux et Paris (qui permet de bénéficier de tarif attractif en passant deux nuits à Paris ou la nuit du samedi au dimanche) sera reconduite en 2019, à partir de 39 euros par trajet, et étendue : « Nous allons étendre cette offre à plusieurs villes de Nouvelle-Aquitaine : Pau, Hendaye, Biarritz, Bayonne, Dax, Agen, Angoulême, La Rochelle, Niort et Poitiers », a annoncé Patrick Lopez.