E-santé : vers une nouvelle relation patient/médecin?

Virginie Tauzin

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A l'aide des applications, le patient et son médecin développent une nouvelle relation.
A l'aide des applications, le patient et son médecin développent une nouvelle relation. — Denis Closon / Isopix / Sipa

TENDANCE - En donnant un rôle au patient, les objets connectés établissent une nouvelle relation avec les spécialistes de la santé.

«Avec l’e-santé, le patient devient acteur.» C’est ainsi que le docteur Marc Labrunee, responsable du service de rééducation cardiaque du CHU de Toulouse, résume la nouvelle relation entre le médecin et le patient depuis l’arrivée des applications mobiles de santé. En avril dernier, une étude TNS Sofres, menée en partenariat avec Doctissimo pour Lauma communication, confirmait d’ailleurs cette tendance puisque, sur les 28% de Français faisant usage de leur mobile ou de leur tablette pour se connecter à des applications de santé, 58% pensent que cette utilisation rend la relation plus positive et 50% qu’elle la renforce.

«C’est normal, juge le médecin généraliste Nicolas Lafferre, avec ce genre d’outils, le patient est autonome, il s’implique plus et sait mieux de quoi on parle.» En d’autres termes, pour le patient, le langage médical n’est plus tout à fait du chinois. «Il faut voir cela comme une sorte de partenariat entre le médecin, le patient et les objets de santé connectée, qui font le lien entre les deux», ajoute-t-il.

Un suivi consolidé

D’autre part, selon le docteur Marc Labrunee, l’utilisation d’applications a l’avantage de mieux préparer la consultation: «Quand le patient entre au quotidien des informations sur son état de santé dans son application, il est plus facile de comprendre comment évolue sa maladie que lors d’un simple questionnaire de consultation, où il ne se rappelle plus bien, où il n’est plus sûr...» Sans compter que l’e-patient peut envoyer ses informations au médecin hors consultation, pour un suivi consolidé. Une pratique que l’on peut envisager comme une solution partielle au problème des déserts médicaux et rapprocher, par la technologie, le malade de son médecin ou de son hôpital.

Enfin, dans le foisonnement des applications santé (plus d’un millier), il en est qui mettent vraiment l’accent sur l’harmonie de la relation médecin-patient. Exemple : DocZen. En cas de retard du médecin, les patients sont prévenus par mail ou par SMS, évitant ainsi l’exaspération en salle d’attente. «Vos patients sont sereins, et vous êtes détendu», promet l’application.