Comment marche un réveil connecté ?

Rédaction 20 Minutes

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Le réveil aXbo est avec le Zeo, et le Sleeptracker, l'un des objets intelligents entièrement dédiés à notre sommeil.
Le réveil aXbo est avec le Zeo, et le Sleeptracker, l'un des objets intelligents entièrement dédiés à notre sommeil. — aXbo

DÉCRYPTAGE - Jadis simple comme un tour de clé, le réveil de chevet est devenu plus intelligent que l'ordinateur familial. Comment les objets connectés analysent-ils notre sommeil, et comment font-ils pour nous en sortir au moment optimal ? 20Minutes interroge les fabricants des aXbo, Sleeptracker et Jawbone Up.

A priori, rien ne les rassemble. Outre d’être d’appartenir  tous à la famille des objets intelligents, le bracelet Jawbone, le réveil aXbo et la montre Sleeptracker partagent un intérêt commun pour notre sommeil. Comme du reste de nombreuses applications iOS et Android, le trio ouvre l’œil quand l’utilisateur s’apprête justement à fermer les siens. Pendant ce laps de quelques heures, les capteurs qu’ils renferment vont remplir deux missions distinctes : reconnaître les stades du sommeil traversés par le dormeur, dans le but d’en fournir une analyse graphique, et le réveiller au meilleur moment possible. Comment ? En observant nos mouvements, tout simplement.

Distinguer sommeil léger ou profond

Les trois appareils fonctionnement sur le même principe. « Pendant la nuit, le capteur gyroscopique du bracelet fourni avec le réveil va détecter les micromouvements du dormeur, indique François Hory, gérant des Marchands de sable, société distributrice du aXbo en France. Une recherche scientifique préalable à la conception du réveil a montré qu’on était capable de déceler les différentes phases de sommeils à partir des mouvements du corps. » Il ajoute : « Les mouvements sont fréquents en phase de sommeil léger, beaucoup moins en phase de sommeil profond, tandis que le corps est totalement paralysé quand le dormeur entre en phase paradoxale. » Sur le fonctionnement de l’appareil à proprement parler, le cofondateur Gauthier Brunel précise : « Le capteur du aXbo émet à destination du réveil lorsque son utilisateur bouge. Les mouvements sont rassemblés dans une séquence de mouvements, qui est transmise au réveil en un centième de seconde.»

Cette analyse, retranscrite sous forme de graphiques, sert plusieurs objectifs. En premier, elle donne à voir la composition de son sommeil, et d’en évaluer la qualité. « L’OMS recommande, par nuit, entre trois et quatre heures de sommeil profond, phase durant laquelle le corps se régénère, indique Fanny Margoux, en charge de la communication autour du bracelet multifonction de Jawbone. En plus de donner des informations sur la quantité de sommeil, le bracelet permet de se poser les questions sur comment améliorer sa qualité. »

Le Up est d’ailleurs le seul objet connecté à avoir une approche de coaching de notre sommeil. Paradoxalement, c’est aussi celui dont les courbes sont les moins exploitables en l’état. L’utilisateur ne perd pas au change : les conseils, et autres recommandations quotidiennes, que l’application lui adresse en vue d’améliorer son hygiène de vie, sont entièrement personnalisés. Sans qu’on lui demande son avis, le logiciel recoupe les données en sa possession et n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme, si par exemple le porteur du bracelet n’a dormi que 10 heures en trois jours. Sur les autres réveils, rien de tel. A charge du mauvais dormeur de faire lui-même son diagnostic puis de tirer les conclusions qui en découlent.

Réveiller au bon moment

Nous tirer en douceur des bras de Morphée reste, de très loin, l’argument de vente principal des réveils intelligents. « Entre le sentiment d’avoir passé une bonne nuit, et la réalité, le réveil joue un rôle clé. Quand on a l’impression d’être fatigué malgré plusieurs heures de sommeil, c’est parce qu’on s’est réveillé en phase de sommeil profond », fait remarquer Fanny Margoux. En s’appuyant sur l’intensité des mouvements du dormeur, les réveils repèrent la phase la plus propice au réveil. Après, tout est affaire d’algorithme et de sensibilité du capteur. Le Sleeptracker, en l’occurrence, effectue « un arbitrage entre tous les mouvements effectués au cours de la nuit, pour reconnaître ceux qui correspondent vraiment au moment optimum de réveil dans une plage horaire fixée à l’avance », argumente Daniel Ovadya, qui commercialise la montre dans l’hexagone.

Revendiquant tous de longues années de recherche et l’assentiment d’une partie de la communauté scientifique, les trois fabricants s’accordent néanmoins sur un point, leurs produits n’ont pas de vocation médicale. Pour débusquer et traiter les divers troubles du sommeil, rien ne vaut à ce jour l’avis d’un professionnel.

ROMAIN GOULOUMES