Aux USA, Etch joue la carte des check-in Foursquare

Emmanuel Gadenne

— 

Tous les endroits que vous avez visité ces derniers temps sur une carte
Tous les endroits que vous avez visité ces derniers temps sur une carte — ETCH

DONNEES PERSONNELLES - Aux Etats-Unis, les habitants de Portland, San Francisco et Manhattan peuvent acquérir depuis quelques mois des cartes personnalisées de leurs check-in Foursquare.

Quitte à laisser la NSA et les géants du Web accumuler une multitude de données sur chacun d’entre nous, autant tenter de se le réapproprier. C'est chose faite aux Etats-Unis de façon plutôt ludique. Moyennant 48 dollars, il suffit de se connecter sur le site Etch.cc en utilisant son compte Foursquare, et le fournisseur de ce nouveau service crée pour vous une jolie carte design et encadrée de tous les endroits où vous êtes passé ces derniers temps, et à quelle fréquence.

« Astucieux, mais quel bénéfice en tirer ? », serait-on tenté d’observer. Pour Michael Yap, l’un des deux fondateurs de la société Etch, croisé lors de la dernière rencontre Quantified Self de New York, la démarche est quasi-militante. « C’est quelque chose qui parle tout de suite aux adeptes de la visualisation de données», explique-t-il. « Facebook, Google, Twitter, Foursquare… : ces produits ont débloqué une sorte d’inventaire invisible de ce que sont les gens.  Et à notre avis, il y a encore peu de services qui aident les individus à débloquer la valeur représentée par toute cette data collectée sur eux. »

Et la France ?

D’après Michael Yap, les cartes Etch sont des produits « modestes, mais qui ont le mérite de tester cette hypothèse ». Et qui cherchent à réaffirmer la valeur de l’imprimé : « On prend aussi position pour rappeler qu’en ligne, il y n’y a pas de limites au contenu. Avec nos cartes, on fixe des limites : on montre des comportements spécifiques, qui ont eu cours à une période spécifique et un endroit spécifique. »

Reste à pouvoir les proposer à une plus grande échelle. A quand des cartes parisiennes, lyonnaises ou marseillaises au menu ?  « On reçoit beaucoup de demandes pour d’autres villes aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique du Sud et partout dans le monde », assure Michael Yap. « On ne s’y attendait pas forcément. Techniquement, on utilise des logiciels de cartographie numérique Open Source, mais pour éviter l’inflation des frais de livraison, on a besoin de trouver des imprimeurs locaux. On y travaille. »

NICOLAS COISPLET