Changer nos (mauvaises) habitudes avec le Quantified Self

Emmanuel Gadenne

— 

Certaines applications comme MyFitnessPal ou la fourchette iFork aident à prendre de bonnes habitudes.
Certaines applications comme MyFitnessPal ou la fourchette iFork aident à prendre de bonnes habitudes. — S. Salom-Gomis / Sipa

EDITO – Emmanuel Gadenne est l’auteur du «Guide pratique du Quantified Self», et expert en usages du numérique chez Sopra Consulting. Chaque semaine sur 20Minutes.fr, il apporte un éclairage sur un sujet de son choix. Dans son vingtième billet, il interroge : "acquérir de bonnes habitudes, mais pour combien de temps?".

Une fois passé l'attrait de la nouveauté, nombre de gadgets sont remisés dans les tiroirs en moins de trois mois, alors que, pour bénéficier vraiment des avantages du Quantified Self, il est nécessaire de modifier ses habitudes durablement!

Mais quoi de plus difficile que de ne pas retomber dans ses mauvaises habitudes? Gamification, visualisation des données, partage avec ses amis, classement, échanges avec la communauté des selfquantifiers, ou autres, qu’est-ce qui marche vraiment?

Pour en savoir plus sur le Quantified Self et la modification de nos habitudes, j’ai interrogé une nouvelle fois Ari Paluyan, pratiquant convaincu de l’automesure depuis plusieurs années

Dans ton parcours, qu’est-ce qui t’a permis de modifier tes habitudes ?

Sportif de nature, j’ai toujours été très actif. Mais avec le temps, la sédentarité professionnelle, la vie de famille, les responsabilités, mon niveau d’activité physique a largement diminué. C’est en m’en rendant compte il y a quelques années que j’ai décidé de changer les choses. Pour ne pas que cela devienne contraignant, j’ai misé sur le challenge, la compétition mais également les échanges avec d’autres membres d’une communauté, celle du Fitbit.

Etant également geek de nature, j’ai trouvé simple et attrayant de me servir de tels outils pour me comprendre et ainsi changer mon état d’esprit dans le bon sens. Depuis, j’ai accentué ma marche quotidienne en me comparant à d’autres. Cette manière de reprendre de bonnes habitudes devient un jeu et on se surprend à en faire plus pour désorienter ses “amis” qui deviennent aussi des “adversaires” dans cette compétition amicale.

Une fois que ta démarche t’a permis d'acquérir de nouvelles bonne habitudes, ne constates tu pas des biais, des effets de bords indésirables, des résidus post quantified self? Si oui, comment les gères-tu?

Comme on le dit “chassez le naturel, il revient au galop” (ou presque)! Avec ce type de changement, il est difficile de devenir radicalement différent. J’ai quelques exemples mais le plus frappant chez moi, c’est que je me suis mis à manger plus. J’ai toujours été gourmand mais je n’ai jamais vraiment eu de problèmes de poids car je compensais par le sport. Avec le temps et l’âge, j’ai l’impression que cette tendance s’est inversée.  Malgré le fait de prendre de bonnes nouvelles habitudes en faisant plus d’exercices physiques, mon envie de grignoter est toujours présente. Pour éviter que cela devienne un cercle vicieux, je me sers là aussi d’outils informatiques et d’applications comme MyFitnessPal et TactioSanté pour surveiller l’évolution de mon poids et me fixer des limites sur le moyen et le long termes. Je ne dis pas que c’est simple tous les jours  d’avoir la volonté mais le goût du challenge reste le plus fort !