On a testé l'Adidas miCoach Smart Run, une montre connectée tout en un

Romain Gouloumes

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Plus grand public qu'une Garmin 620, la Smart Run d'Adidas est aussi moins technique.
Plus grand public qu'une Garmin 620, la Smart Run d'Adidas est aussi moins technique. — Adidas

TEST - Un accessoire  de running tout en un, quel coureur n’en n'a pas rêvé? A la fois lecteur mp3, GPS, et cardiofréquencemètre (sans ceinture), la miCoach Smart Run promet beaucoup sur le papier. Qu’en est-il dans la pratique? Notre verdict après une semaine d'utilisation.

Coureurs, rangez le smartphone et la ceinture cardiaque. Adidas veut coller à votre poignet sa montre connectée, la miCoach Smart Run. A mi-chemin entre la montre de running classique, pour la partie GPS et cardio, et le lecteur mp3, la dernière incursion de la marque dans le high-tech avait su créer l’envie au moment de son annonce, en pleine smartwatch-mania. Maintenant qu’elle est sortie, place au test.

Qu’on se le dise, le design de la Smart Run ne plaira pas à tout le monde. C’est bien simple, un qualificatif vient au moment de la porter à son poignet, et il n’est guère flatteur: massive. Plus que ça, la Smart Run est surtout épaisse, ce qui n’empêche pas de lui reconnaître par ailleurs une certaine élégance. A ceci s’ajoute le poids (80g), plus bas qu’attendu, et des matériaux très qualitatifs. Mention spéciale au bracelet qui enserre parfaitement le poignet de son épais silicone. L'impression de qualité est là, et quand on le compare à celui d'une Garmin 620, d'une smartwatch ou d'un bracelet connecté à 140€, on se dit que son prix (400€) n'est pas sorti tout droit d’un chapeau. Même si, en réalité, la montre risque de coûter un peu plus cher, surtout en hiver. Eh oui, difficile de passer la manche de sa veste ou de son maillot de running au dessus de l’objet, sans risquer de déformer le tissu...

Montre connectée ou smartwatch?

Techniquement, il faut saluer la prouesse des ingénieurs d’Adidas. Concentrer autant de fonctions dans un seul et même objet, dans le domaine du running cela reste une première. D'autant que les 80 grammes greffés au poignet du coureur allègent le reste du corps de bien d’autres poids. Pas besoin de ceinture cardiaque, la Smart Run prend directement le rythme cardiaque à l’aide d’une lentille optique, placée au dos du boîtier. La technologie a déjà fait ses preuves sur une autre montre sportive, la Mio Alpha, ainsi que sur le Pulse, le podomètre intelligent de Withings. Le port du smartphone est lui aussi rendu dispensable par la présence du GPS, et d’une connexion en Bluetooth 4.0. A condition de porter un casque compatible, et d’appairer les deux appareils, le coureur peut ainsi picorer dans la musique posée sur les 3 gigas de mémoire interne. Ce n'est pas Spotify ou Deezer, mais c'est déjà ça, et ça marche du premier coup.

Plus important, l’écran tactile. Il fait petit comme ça, cela ne l'empêche pas d'afficher les données clés, et de répondre au doigt et à l’œil. Présentées en couleur sur fond noir, les informations sont claires et lisibles, cela même en pleine course. Le tout se manœuvre comme un smartphone Android ou iOS, en déplaçant l’index d’un côté ou de l’autre de l’écran. On s'y perd un peu au tout début, mais après quelques instants, la Smart Run n'a plus de secret pour nous.

En utilisation, la Smart Run nous a parfois joué quelques mauvais tours. Alors que les tests sur Internet font généralement l’éloge du GPS, sur deux de nos trois sorties la montre n’a pas été en mesure de se repérer. Pour sa défense, le ciel et le quartier, très urbanisé, étaient particulièrement encombrés. Qualitativement, rien à redire. Que ce soit le calcul du rythme cardiaque ou le suivi du tracé, les informations recueillies restent très proches de celles d’applications smartphones ou d’une montre de running classique.

Un outil de coaching performant

Comme son nom l’indique, la Smart Run micoach vient compléter l’ecosystème miCoach créé par Adidas. Les données de la montre s’exportent sur la plateforme internet sans avoir à sortir de câble, simplement en synchronisation Wifi. Passée la première connexion, qui requiert d'entrer son code wifi à la mano sur la montre, la procédure est entièrement transparente. Côté interface, les habitués de  Runkeeper et autres Endomondo, retrouveront leurs marques. A certains égards, la plateforme d’Adidas est même mieux pensée. On passe librement de l’historique à son programme de coaching personnel, très abouti, sans oublier les paramètres de la montre. Toute multi-fonction qu’elle soit, la SmartRun n’oublie pas d’être une montre de running. Les habitués des montres Polar et Garmin apprécieront de pouvoir en personnaliser l’affichage à leur convenance.

A noter que la SmartRun ne se borne pas aux sorties jogging. Elle accompagnera utilement une séance de fractionné ou de travail musculaire. Il faut plisser les yeux pour bien les distinguer à l'écran, mais 400 animations anatomiques permettent de reproduire les mouvements de l'entraînement parfait sans risquer la blessure.

Mais une autonomie (vraiment) trop réduite

Jusque là, c’est presque un sans faute. Des fautes, il y en a pourtant. La première survient en regardant la jauge de la montre. Inutile de prévoir une séance si vous oubliez de charger la Smart Run juste avant. Même en fonctionnement minimal, la batterie s'entame suffisamment vite pour nous alarmer. Le problème c’est qu’une fois chargée au maximum, l’Adidas Smart Run n’offre toujours que quelques  heures d’autonomie. A l’issue d’une course de près de deux heures, avec le GPS et le cardio allumé, l'écran affichait un triste 30%. Heureusement que le Bluetooth n’était pas activé... Il est clair que ce point freinera les gros sportifs, ou ceux qui aimeraient bien utiliser prolonger l'utilisation, mp3 par exemple, de leur montre à l'issue d'une séance éprouvante. En revanche, si vous êtes du genre à faire des sorties planifiées à l'avance, et pas trop longues, l'autonomie rachitique de la Smart Run ne devrait pas poser problème.

En conclusion, il y a l’ambition d’Adidas de réunir à l’intérieur d’un même boîtier plusieurs fonctionnalités chères aux coureurs, et il y a la réalité. La miCoach Smart Run n’est assurément pas un mauvais produit, c’est une très bonne idée qui demande à être peaufinée. Connectée comme une smartwatch, aussi technique qu'une montre de running, elle est plombée par une autonomie faiblarde. Bien que la montre tout en un de la marque aux trois bandes ne soit pas parfaite, elle prête tout de même à l'enthousiasme. Si ce n’est pas pour cette fois, on attend avec impatience une deuxième mouture, plus aboutie.

Romain Gouloumès