Pourquoi les Français se voient déjà bardés de capteurs

Rédaction 20 Minutes

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Présenté au CES, le SmartBand de Sony est un tracker d'activité complet.
Présenté au CES, le SmartBand de Sony est un tracker d'activité complet. — Sony

ETUDE - A peine arrivés, et déjà populaires. Une récente étude montre que le marché et le public français sont particulièrement friands de ces appareils bardés de capteurs.

Ils sont parmi nous. Ils nous scrutent, nous observent. Et les Français les ont déjà acceptés parmi eux. Ces intrus, ce sont les objets connectés. Des appareils bardés de capteurs qui prennent la forme de bracelets, pèse personnes, ou de réveils, dont le but est de nous espionner... pour notre bien. Les résultats de l'étude* dévoilée le mercredi 15 janvier par Havas Media montrent que pour 88% des sondés l'internet des objets est déjà une réalité. 55% savent précisément ce quoi il s’agit. Les Français seraient-ils plus technophiles qu’on ne le pensait?

>>> Retrouvez tous les chiffres importants de l'étude dans notre article "8 Français sur 10 connaissent déjà les objets connectès".

Le premier étonné est sûrement Raphaël de Andréis lui-même. « Venu prendre la température » avec son étude, le CEO d’Havas Media ne s’attendait pas à ce que les Français tombent sous le charme des objets connectés. En tout cas, pas aussi tôt. « Je pensais qu’un Français sur trois aurait entendu parler des objets connectés, au plus. Au-delà de ça, j’ai été surpris par la connaissance que les sondés avaient de cette nouvelle catégorie de produit. L’attachement aux objets connectés survient bien plus tôt que ce qu’on imaginait.» A quoi cette maturité du public français est-elle due? Pour sa part, Raphaël de Andréis voit là s'exprimer la fibre française pour les sciences: « On est au cœur de la philosophie française, pays d’inventeurs et passionné par les sciences. C’est d’autant plus vrai quand, comme c’est le cas avec l’internet des objets, elles changent la vie. » Une certitude : « le public est prêt ». En avance même, par rapport au marché.

Intéressés mais aussi inquiets

Parmi les sondés, ils sont 70% à croire que la voiture connectée est déjà commercialisée, 50% pensent de même à propos du réfrigérateur intelligent. « On a les entrepreneurs, et le public. Si on a le bon environnement de régulation, et une impulsion de l’état, tous les éléments sont réunis », s’enthousiasme Raphaël de Andréis.

Fascinés peut-être, mais pas dupes. Pour une majorité de Français, le point sensible des technologies connectées reste celui de la vie privée : 78% pensent que l’internet des objets peut présenter des risques pour le respect de la vie privée. Les jeunes entre 15 à 29 ans, en particulier, veillent à ne pas se laisser abuser (83%). Raphaël de Andréis convient : « Les objets connectés et la création de datas posent des questions de confiance en terme de marque mais aussi de territorialité. Ce n’est pas tout à fait pareil dans l'esprit des sondés de donner les informations à un organisme européen ou à une société américaine. Ils ont beau utiliser et apprécier Google, ils se posent la question : où vont toutes ces données ? » Il conclut : « Il s'agit donc pour les marques de trouver un équilibre dans l'échange entre ce qui est donné aux clients et la récupération de certaines de leurs données personnelles.»

Pour Mathias Herberts, CTO de Cityzen data, qui s'apprête à lancer un tee-shirt intelligent, le rapport de l'utilisateur à la donnée est autrement plus fort avec un objets connectés que sur un réseau social ou un service en ligne. «Sur un produit acheté pour créer de la donnée et atteindre un objectif, l'attente n'est pas du tout la même. Le consommateur veut avoir la main sur cette partie de lui et pouvoir les administrer comme il l'entend.» Les entreprises sont prévenues, les Français savent ce qu'ils veulent.

*Etude de CSA réalisée en ligne du 8 au 12 novembre 2013 sur un échantillon de 643 personnes représentatives des internautes français des internautes français âgés entre 15 et 49 ans.

Romain Gouloumès