«Il n’y a pas que les avions dans l’armée de l’air»

Pascal Bertrand

— 

Le Sergent Florent Bauer
Le Sergent Florent Bauer — Pascal Bertrand

METIERS - Le Sergent Florent Bauer, «maintenancier sur radar»,  ne fait pas partie de ces gens que l’on s’attend à croiser au Salon du Bourget.

Du haut de ses 22 ans, Florent Bauer a entre les mains le radar du SAMP (Système d’Armes Moyenne Portée), le dernier des systèmes de défense acquis par l’Armée de l’Air. La toute dernière génération, avec plus de fonctionnalités que le Patriot américain. Et sa fonction n’a rien d’anodin : le SAMP est au centre de la défense sol-air. Concrètement, c’est lui qui établi une «bulle de protection» sur des cérémonies, des lieux sensibles, etc. Il sert à détecter toutes les intrusions, que ce soit des aéronefs, des missiles ou autres.

«Mon travail consiste à le déployer sur site, à le mettre en route et à vérifier son bon fonctionnement par le biais de dispositifs de test. En cas de «code panne», au démarrage ou pendant le fonctionnement, nous devons localiser les différents éléments incriminés et trouver les solutions.»

Faire en sorte que tout fonctionne

Dans l’armée de l’air, il y a ceux qui pilotent ou qui manipulent, et ceux qui font en sorte que tout fonctionne bien. Florent Bauer fait partie de cette deuxième catégorie, à la base aérienne 113 à Saint-Dizier. Et pas besoin d’un bac+23 pour y parvenir.

À 17 ans, au lycée, à Grasse, Florent quitte la première pour rejoindre l’Ecole d’Enseignement Technique de l’armée de l’air, à Saintes. Il y obtient un bac SSI (science de l’ingénieur) en deux ans puis intègre l’école des sous-officiers de Rochefort. «Au début, je voulais devenir mécano-avion. Je crois que tout ceux qui rentrent dans l’armée de l’air veulent travailler au plus près des avions. Mais je suis devenu mécano-radar. Aujourd’hui, je ne regrette pas du tout car c’est une spécialité qui m’intéresse énormément».

Ici, au Salon du Bourget, le Sergent Bauer présente son «matériel», en collaboration avec le fabricant. «Le grand public, quand on lui parle de l’armée de l’air, pense toujours aux avions, au Rafale. Ici, il découvre qu’il n’y a pas que ça. Il y a plein de spécialités tout aussi passionnantes autour.»