Capsules de café, papiers, plastiques... Bien trier, c'est pas sorcier

Déchets Les habitants de l’Eurométropole de Strasbourg ont plusieurs solutions à leur disposition

Mireille Fournaise
— 
La quantité et la qualité des déchets triés dépendent des consommateurs.
La quantité et la qualité des déchets triés dépendent des consommateurs. — Pascal Bastien / Centre de tri Altem

Dans un monde parfait, notre poubelle recyclerait elle-même nos déchets. Dans la réalité, il nous revient le faire le plus important : trier. Afin d’accéder à une seconde vie nos déchets vont bien à la poubelle, mais pas n'importe laquelle. Selon qu’ils soient en plastique, en verre ou ménagers, le couvercle du bac où ils doivent être déposés est jaune, vert ou bleu. On sait, ça fait beaucoup d’infos d’un coup. On vous explique tout en détail.

1-Du temps perdu et du travail en plus pour chaque produit jeté dans le mauvais bac

Les couleurs des poubelles ce n’est pas que pour faire joli. Bon nombre des déchets, une fois triés puis recyclés, peuvent avoir une seconde vie. Un avenir dont les consommateurs sont les premiers responsables lorsqu’ils remplissent leurs poubelles.
Le bac au couvercle jaune c’est pour tout ce qui se recycle ; le bleu pour les ordures ménagères et le vert… pour le verre. Une séparation nécessaire car tous ne sont pas acheminés au même endroit après le ramassage.

« Ici, notre travail consiste à séparer les matières recyclables les unes de autres, explique Cyril Besson, gérant du site de tri Altem à Strasbourg, qui réceptionne les poubelles jaunes. S’il y a une matière qui n’a rien à faire sur nos tapis, ela s’appelle un refus de tri et on doit l’extraire de la chaîne. Une fois isolés, ces déchets sont convoyés vers un incinérateur dans un autre centre. » Toutes ces manœuvres augmentent le temps d’exploitation et la charge de travail des agents en bout de course, qui affinent le tri. Cela a également un coût pour la collectivité.

2-Un bac jaune ouvert à presque tout


Il faut y mettre les briques alimentaires, comme les jus de fruits ou de lait, les bouteilles et les flacons en plastique tels que les sodas, shampoings, liquides d’entretien ou huiles. On y jette aussi les emballages métalliques comme les canettes, boîtes de conserve et aérosols, qui pourront ensuite être transformés en vélo ou pièces automobiles ! Enfin, bien sûr, les cartons et les papiers.

3-Zéro excuse pour ne pas trier


100 % des habitants de l’Eurométropole de Strasbourg disposent d’une solution pour trier. La collecte se fait en bac et ponctuellement en sac de tri sur les communes de plus de 10.000 habitants et en conteneur d’apport volontaire sur celles de moins de 10.000 habitants.

4-Les bouteilles plastiques poussent le bouchon


« L’idéal, c’est que le bouchon, quand il y en a un, soit bien vissé sur la bouteille, assure Cyril Besson. Les deux ne sont pas composés du même plastique, mais la séparation se fera au recyclage. Au niveau du centre de tri, avoir les deux ensemble évite que le bouchon ne se perde dans le flux. » Pour Altem, plus certains déchets sont petits, plus ils sont difficiles à récupérer.



5-Attention à ne pas emboîter les boîtes


Dans le bac jaune, les déchets se jettent tous en vrac. Une mesure nécessaire pour ne pas perturber la chaîne de tri par la suite. « S’ils sont empaquetés cela peut perturber leur extraction, car nos machines sont chacune programmées pour récupérer un type de matière, décrit le gérant du centre Altem. Par exemple, lors du tri mécanique les corps plats comme les papiers et les cartons sont séparés des corps creux tels que les bouteilles en plastique. »
Afin de limiter la consommation d’eau, l’Eurométropole indique qu’il n’est pas nécessaire de laver les emballages, mais seulement de bien les vider.

6-Les pots en verre, avec ou sans couvercle ?


Les bouteilles, pots et bocaux en verre usagés vont dans les conteneurs verts sans sachet, ni bouchon ou couvercle, indique l’Eurométropole de Strasbourg dans son guide pratique en ligne. L’inverse est vrai aussi : pas de contenant en verre avec les couvercles en acier, qui filent dans la poubelle jaune ! « Si du verre y est déposé, cela peut être très problématique. A la fois pour les machines mais aussi pour la sécurité des opérateurs humains en bout de chaîne », insiste Cyril Besson. Attention : vaisselle, vitres, miroirs et ampoule sont à envoyer en déchèterie.

7-Tri des capsules en aluminium : « what else ? »

Depuis plus d’un an, le centre de tri Altem est équipé d’une machine avec un courant de Foucault qui permet d’extraire sans problème les objets en aluminium. Aucun souci donc pour jeter dans le bac jaune les capsule de café faites dans ce matériau, mais aussi les capsules de champagne, ou encore les légères feuilles d’aluminium.

8-Les papiers font un carton

Comme le précise l’Eurométropole de Strasbourg, tous les papiers, journaux, magazines, prospectus, annuaires, courriers et emballages en carton doivent finir dans le bac jaune. Seule condition : ils ne doivent pas être souillés. Une fois triés, ils seront recyclés pour devenir à nouveau du papier, des magazines ou des prospectus. Chaque tonne de papier envoyée au recyclage permet d’économiser 19,2 m3 d’eau.

9-L’aluminium et l’acier, deux champions du recyclage

Ils se recyclent indéfiniment à 100 % et sans perdre leurs propriétés. Au centre de tri, l’acier est extrait par un aimant et l’aluminium par une machine émettant un courant de Foucault. En les recyclant, on limite la pollution des sols et de l’atmosphère et on économise les réserves naturelles.

Le centre de tri Altem.
Le centre de tri Altem. - Pascal Bastien / Centre de tri Altem

10-Quelques cas spécifiques

Tous les emballages ne finissent pas forcément dans la poubelle jaune. Dans l’Eurométropole, les pots en plastique comme ceux des yaourts, fromages blancs ou crème fraîche vont dans le bac bleu avec les ordures ménagères. Même destin pour les emballages en polystyrène. En revanche, aucun souci pour envoyer au bac jaune les cahiers, même à spirales, ou les enveloppes avec fenêtre.