«J’ai enchaîné 6 épisodes de ma série du moment, mais c’est pas si grave, parce que je les ai regardés en anglais.» Qui n’a jamais utilisé cette excuse sans trop y croire? Pourtant, regarder des films et des séries en version originale aide réellement à progresser en anglais.

Mais attention, se faire une soirée James Bond en choisissant la version british n’est pas à la portée de tout le monde. «Si l’on n’a pas un certain niveau, cela n’apportera pas grand chose. Pour certains, il est préférable de commencer par activer les sous-titres en version française», prévient Jean-Luc Breton, professeur d’anglais à Paris et vice-président de l’Association des professeurs de langues vivantes (APLV).

«Ensuite, on peut passer aux sous-titres en anglais et à terme, l’idéal, c’est de ne plus en mettre du tout.» Il avoue lui-même en avoir besoin quand le vocabulaire utilisé dans un film est particulièrement argotique.

Une possible progression

Toutefois, rester confortablement assis devant écran ne fait pas tout. «Certaines personnes peuvent passer des heures devant des séries et ne rien apprendre du tout», souligne le professeur. Pour les collégiens et les lycéens, qui ont des cours plusieurs fois par semaine, il est facile de réactiver ses connaissances.

Heureusement, pour les personnes dont le seul contact avec la langue passe par les films ou les séries visionnées le soir, il existe des outils comme Smartsubs. Ce site internet, qui adapte les sous-titres de votre vidéo en fonction de votre niveau, permet de réactiver son vocabulaire. Au moment du visionnage, les mots difficiles sont traduits automatiquement. Puis le site crée une fiche de mots correspondant au contenu qui vient d’être vu. «Il y a un vrai suivi qui évolue en fonction du niveau de l’utilisateur. C’est une façon de rentabiliser le temps passé devant la télévision», explique Félix Revert, le co-fondateur du site.

Une fois habitué à la version originale et sans sous-titres, vous serez aussi bien plus à l’aise face à une personne anglophone. «Regarder une personne parler à l’écran, c’est ce qu’il y a plus proche d’une conversation authentique», rappelle Jean-Luc Breton. Plus d’hésitation possible entre regarder la Grande vadrouille une quatrième fois et vous lancer dans une nouvelle série anglaise ou américaine.