Les Français ont le complexe de l'accent «english»

PAROLES Unfortunately, although, thick ou psychologist: l’anglais, pas si facile à prononcer…

Laura Belleyme
— 
En février 2014, le Petit Journal de Canal Plus souligne l'accent français du Président François Hollande lors d'un discours en anglais.
En février 2014, le Petit Journal de Canal Plus souligne l'accent français du Président François Hollande lors d'un discours en anglais. — Canal+/LPJ

Si le premier des Français est concerné, les 65 millions d’autres n’y coupent pas: l’accent français est reconnaissable entre mille à l’étranger. Mais il n’est pas si facile à comprendre…

C’est pour cela que Jean, retraité, prend des cours de conversation: «Lors de mes voyages en Amérique de l’ouest, j’étais incapable de me faire comprendre, même pour donner un numéro de billet d’avion», sourit-il.

Car la langue anglaise est compliquée à prononcer pour les Français. Exemple: si on vous dit «strength» [force], «although» [bien que], «tired» [fatigué], vous vous sentez à l’aise? En anglais, les voyelles peuvent être prononcées de trois, voire quatre manières différentes. La difficulté vient des sons, des «th», des «ed» ou encore des accents toniques.

«Par exemple, certains prononcent ‘hit’ [frapper] et ‘heat’ [chaleur] de la même manière, alors que ces deux mots n’ont pas du tout le même sens», explique Keith Sarver, coach d’anglais pour Talking Tree. «Il faut faire répéter la bonne prononciation. C’est aussi une question de mémoire.»

Un accent «so sexy»

A l’école déjà, pas de place pour un accent imparfait! William, professeur d’anglais dans un collège de l’académie de Versailles, fait face à des élèves complexés qui n‘osent pas prendre la parole pour s’exprimer. Il essaie de dédramatiser la situation en les faisant parler: «Quand j’écris leur phrase au tableau, ils voient que je les comprends, ça les rassure», affirme-t-il. «Je leur explique que c’est normal d’avoir un mauvais accent à leur âge, qu’il faut voyager pour l’améliorer. En tant que professeur, il faut être bienveillant avec ça.»

Et si vous ne pouvez pas lutter contre votre accent «frenchie», assumez-le à fond! Garance, 25 ans, vient de passer un an en Hongrie. Si elle essayait d’imiter l’accent anglais au début, elle a très vite arrêté: «Avec mon accent forcé, je n’arrivais pas à me faire comprendre. Je me suis dit qu’il valait mieux que je prononce mieux les mots, et tant pis si on devine que je suis française.» Un accent qui a même des avantages: «A l’étranger, les gens l’ont trouvé joli, et so sexy!»

via GIPHY

Bref, que vous soyez François Hollande ou plutôt Barack Obama, l’important, c’est de parvenir à communiquer: «Il vaut mieux parler anglais avec un mauvais accent que de ne pas discuter du tout», conclut William.