Qu'a-t-on vraiment le droit de faire à vélo?

Circulation Il existe parfois un flou autour du code de la route pour les cyclistes...

Fabien Falcou

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Le vélo est considéré comme un véhicule, au même titre que la voiture ou la moto.
Le vélo est considéré comme un véhicule, au même titre que la voiture ou la moto. — Jean-François Gornet/Flickr

Ni piéton, ni véhicule motorisé, le vélo occupe une place particulière dans l’esprit des usagers… mais pas dans le code de la route. 20 Minutes lève les idées reçues sur ce qu’il est autorisé de faire à bicyclette.

C’est arrivé au moins une fois à tout citadin: voir un vélo quitter la chaussée pour s’engager sur un trottoir afin de raccourcir son itinéraire, et ne pas en être particulièrement choqué. Pourtant, nul doute que les réactions seraient tout autres s’il s’agissait d’un scooter ou d’une moto!

«Le vélo est un véhicule au même titre que l'automobile»

Véhicule non-motorisé, le statut hybride du vélo lui permet de jouir d’une certaine indulgence quant au code de la route. Pourtant, «le vélo est un véhicule au même titre que l’automobile», rappelle Kiki Lambert, porte-parole de l’association Mieux se déplacer à bicyclette (MDB). Traduction: non, le vélo n’a droit à aucun traitement de faveur. Il est donc interdit de rouler sur les trottoirs, de griller des feux rouges ou toute autre fantaisie. Les montants des amendes appliquées sont d’ailleurs généralement les mêmes qu’à un automobiliste.

Malgré tout, poursuit la porte-parole, «certaines infractions sont moins durement punies: l’excès de vitesse, pour une voiture, est une infraction de 4e classe, mais de 2e classe pour un vélo», donc moins durement sanctionnée. Et une infraction à vélo ne peut pas entraîner de perte de points, bien sûr. Quant aux trottoirs, les enfants de moins de 8 ans y sont autorisés à vélo.

Une responsabilité partagée

S’il existe des idées reçues, c’est aussi parce que «certaines règles sont récentes, voire très récentes, et ne sont pas encore passées dans la culture du code de la route», analyse Charles Maguin, président de l’association Paris en Selle, qui promeut l’usage du vélo en ville. Et les cyclistes ne sont pas forcément à blâmer, souligne-t-il , déplorant «un code de la route qui n’est pas du tout adapté aux vélos».

>>>Retrouvez l'ensemble de notre dossier sur le vélo en ville

Mais les choses évoluent, ajoute le responsable: depuis peu, les cyclistes ont par exemple le droit de ne pas se serrer sur la droite, «car en faisant ça, on encourage un dépassement dangereux, et on risque d’être heurté par la portière d’un automobiliste qui sortirait de sa voiture, l’un des accidents les plus courants à vélo». De même, aux feux rouges dans les grandes villes, en plus des sas vélos, des panonceaux tourne-à-gauche permettent aux cyclistes de prendre de l'avance sur les automobiles lors du redémarrage de la circulation, pour limiter les risques de collisions.

La faible dangerosité des bicyclettes pour les piétons est également un facteur qui incite à moins de prudence de la part de certains cyclistes, avance Kiki Lambert avant de conclure: «Ça n’empêche pas d’être intelligent et de regarder ce que font les autres!»