Vous imaginez sûrement les journalistes de 20 Minutes comme des versions plus modernes de Tintin, le côté aventureux en moins. Vous avez raison. Mais quid de ces jobs dont la réalité diffère des idées reçues? Ceux qui ne prennent pas garde à ces stéréotypes s’exposent à une grave déconvenue.

«Certains de mes clients sont des cadres qui travaillent dans des bureaux. Ils veulent devenir fleuristes, mais oublient souvent que ça signifie se lever à 4 heures du matin pour se rendre à Rungis», raconte Hélène Picot, coach spécialisée en reconversion professionnelle. Des salariés qui souhaitent changer de métier mais qui ont une image idéalisée de leur dream job, elle en voit passer de nombreux.

Une vision figée et abstraite

Même son de cloche chez Agathe Derbin, fondatrice d’ADN coaching: «Je rencontre des femmes qui veulent devenir professeures des écoles. Elles y voient un rythme tranquille, des vacances scolaires, un travail pas compliqué… Mais c’est un métier de vocation, avec beaucoup de contraintes. Il faut aussi être à l’aise avec les enfants, avoir le goût de la transmission du savoir…»

>>>Retrouvez l'ensemble de notre dossier pour expliquer son job

D’où viennent donc ces préjugés? De la culture populaire qui hante la mémoire collective: Tintin est devenu le cliché du reporter, James Bond celui de l’agent secret. Mais aussi de l’éducation parentale, de la façon dont l’école nous présente le monde du travail, selon Hélène Picot. «La manière dont on a été éduqué fait qu’il y a beaucoup de légendes urbaines. Quand on va dans un centre d’orientation au lycée, les fiches métiers sont complètement datées, déconnectées de la réalité», assure la coach. Agathe Derbin avance une explication supplémentaire: «Il y a des gens qui ont tendance à ne voir que le négatif dans leur propre métier, et à idéaliser celui des autres, sans y voir les difficultés et les inconvénients. L’herbe est toujours plus verte chez le voisin, c’est une mentalité très française.»

Se confronter à la réalité

L’idéal pour se débarrasser des clichés estiment les deux coachs en reconversion est de se frotter à la réalité. «Je conseille à mes clients de se faire une idée par eux-mêmes, explique Agathe Derbin, rencontrer des personnes qui exercent le métier qu’ils visent, ne pas avoir peur de leur poser des questions, et essayer de le pratiquer pendant une journée si possible.»

Autre point à garder en tête, rester positif. «Sur les personnes contactées, certaines seront très négatives, d’autres optimistes. Mais il ne faut pas s’arrêter aux difficultés dont certaines parlent», insiste Hélène Picot. Et ne pas oublier qu'on «peut "hacker" un métier, assure la spécialiste. Devenir fleuriste en ouvrant des magasins éphémères, restaurateur dans un camion itinérant». Finalement, pour se débarrasser des idées reçues sur les professions, il faut faire un… travail sur soi.