DANSE - Pour le festival Yahoo! On the road, Asalfo, chanteur de Magic System, nous explique comment faire la fête à Paris. Sur un air de Zouglou, évidemment.

Où faut-il aller pour faire la fête sur des sons africains à Paris ?

Moi, j’ai l’habitude d’aller au African Music Hall, dans le 19e arrondissement. C’est une bonne ambiance africaine avec, en plus, un orchestre qui joue. C’est un bon endroit pour commencer. Après, si on en veut plus, il y a aussi des endroits comme la Piedra, une discothèque africaine branchée de la rue Lafayette. C’est parfait pour s’ambiancer !

Qu’est-ce que l’ambiance à l’africaine a de spécial ?

Le show à l’africaine, c’est non-stop. Quand on découvre ça, on se rend compte que c’est sans limite : les rythmes, très urbains, les vibrations, les couleurs africaines. Tout le monde se laisse entraîner par cette ambiance : je conseille à tous d’essayer une fois, et vous reviendrez !

Mais quand on est blanc, on peut quand même se sentir à sa place ?

Bien-sûr ! À condition d’être curieux (rires). Moi, quand je vais dans un festival rock ou dans une soirée électro, ce n’est pas ma base musicalement mais je peux m’amuser énormément ! L’important, c’est de vouloir faire la fête. Chez nous, le plus important, c’est la rythmique. Avec Magic System, les Européens ont intégré les rythmes africains. Il suffit de se laisser imprégner.

Et comment doit-on s’habiller ?

Il y a un groupuscule de personnes qui s’adonne à la sape pour ces soirées là, mais la plupart des gens s’habille simplement. Il n’y a pas de tenue vestimentaire exigée. On peut être en jean, en costume, en tee-shirt… on s’habille sans calculer, sans préjugé.

Si on vient pour draguer, il faut quand même être vu !

Souvent, être invisible est aussi une technique de drague car toutes les filles n’aiment pas ceux qui se font voir ! Pour draguer, on n’est pas obligé d’être habillé de toutes les couleurs ou de danser comme un fou. Etre silencieux dans un coin, offrir un verre discrètement, ça marche encore, et même plus que quand on en fait trop.

Et vous, vous faites souvent la fête ?

Notre métier, c’est de faire faire la fête aux gens. Pour nous, c’est du travail, et c’est vrai que du coup, ça nous démange parfois de descendre nous amuser avec le public. Alors on se fait parfois des petites virées en boites. Mais pas plus de deux fois par mois !

Vos morceaux, et c’est le cas du dernier single, «Mamadou», sont très festifs bien que traitant de sujets lourds (ici, les sans-papier). Comment expliquez-vous ce contraste ?

Vous savez, chez nous, en Afrique, on dit que le seul moyen de briser un tabou, c’est la dérision. C’est notre façon de faire : amener les gens à faire la fête sur un message très fort. En Europe, les gens auraient tendance à croire que c’est un sujet tellement sérieux qu’il ne faut pas danser dessus. Mais nous vivons avec la communauté africaine, nous connaissons ses difficultés, et nous voulons l’aider à s’amuser tout en parlant d’elle. C’est ce qu’on a voulu faire avec «Mamadou».

Sur le Yahoo ! On The Road, Magic System fera partie du jury du Yodel Studio aux cotés de Sneazzy West, 1995 et Malik Benthala. Un concours d’enregistrement des meilleurs versions de l’hymne de Yahoo !