SERVICE - Interface en ligne personnelle où l'élève peut accéder à quantité d'outils et de logiciels, l'espace ou l'environnement numérique de travail (ENT) est de plus en plus répandu dans l'enseignement français.

clrz_custom_logo_homePortail d’accès unique aux informations d’un établissement scolaire : l’espace numérique de travail (ENT) est aujourd’hui un outil indispensable pour les écoles françaises. Autrement appelé bureau virtuel, il permet de mettre en relation l’ensemble des acteurs d’un établissement, du corps professoral aux élèves en passant par leurs parents. En avril 2013, chaque académie était engagée dans, au moins, un projet ENT.

A Marseille, au collège de la Belle de Mai, l’espace a été mis en place à la rentrée 2013. Une initiative qui s’inscrit dans le projet Collèges connectés, lancé par l’Education nationale dans 23 établissements. Pour Bruno Barbey, le principal adjoint du collège, «le bureau virtuel est avant tout un vecteur de communication et un outil d’information qui permet d’ouvrir l’établissement aux familles». Encore en phase de développement, l’ENT est en constante amélioration.

Anticiper le décrochage des élèves

Aujourd’hui, les parents des 532 élèves ont accès à plusieurs fonctionnalités leur permettant de suivre en temps réel la scolarité de leurs enfants. En plus des documents partagés et des informations mises à leur disposition, ils ont un regard sur les notes, le cahier de texte et les absences. Loin de se sentir épiés ou espionnés, les collégiens «sont toujours contents de voir que leurs familles s’intéressent de près à leurs difficultés ou leurs réussites» selon Bruno Barbey. En mai 2013, les parents représentaient 17% des connexions sur les ENT, contre 8% en novembre 2008.

Et si le bureau virtuel permet de «valoriser la réussite des élèves», il est aussi un bon moyen d’anticiper le décrochage scolaire, qui touche chaque année près de 140 000 adolescents. Evidemment, l’accès à cette plateforme et plus généralement aux ressources numériques met en lumière l’inégalité entre les familles. Pour y remédier, le collège Belle de Mai organise «des temps d’accueil» pour familiariser les parents aux subtilités de l’outil et les accompagner dans leur suivi. Des parents très «demandeurs d’informations, que ce soit sur leurs enfants ou sur l’établissement en général».

Le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, considère qu’il n’y aura «pas de refondation si nous ne faisons pas entrer l'école dans l'ère du numérique». Il s’est d’ailleurs engagé à ce que, d’ici 2017, chaque établissement puisse proposer aux parents des informations relatives à la vie scolaire sur son site internet. Selon la Caisse des Dépôts, 2900 établissements étaient, en mai 2013, équipés de l’ENT.

Lou Ducreux