HIGH TECH - Vingt-trois établissements testent depuis septembre le label Collège connecté. Porté par le ministère de l'Éducation nationale, le projet se veut à la fois pédagogique et social.

Au collège Sidney-Bechet d'Antibes, l'un des vingt-trois établissements labellisés Collège connecté, la mise en route a été un peu compliquée. «Quand la technique sera opérationnelle, ce sera formidable», commente Catherine Le Duff, principale du collège. La technique ? Une combinaison de livres électroniques numérisés et un réseau de fibre optique opérationnel, qui s'inscrit dans le projet pédagogique du collège. En effet, pour traiter la problématique du numérique à l'école, l'établissement a choisi de doter tous ses élèves de 6e et 5e d'une tablette numérique, à l'école comme à la maison, afin qu'ils n'aient plus de livres à transporter. Pour l'instant, parents, élèves et enseignants sont conquis.

Le collège à très haut débit

De fait, le label ne se réduit pas à l'achat d'équipements individuels ou collectifs. C'est une réflexion plus profonde qui permettra de créer un écosystème numérique, nourrit par un dialogue constant entre collectivités, établissements et parents d'élèves. «On est là pour proposer un cadre dont le minimum requis est l'accès au très haut débit et l'instauration d'un dialogue avec sa collectivité», explique Julien Llanas, chargé d'études au ministère de l’Éducation nationale qui a travaillé sur le label Collège connecté.

Une refonte nécessaire

Pour le lancement du projet à la rentrée 2013, chaque académie a sélectionné un seul établissement. L'année prochaine, le label sera proposé, mais pas nécessairement accordé, à près de cent collèges, soit un par département. Selon Julien Llanas, le label nécessite «une refonte du collège pour améliorer la qualité du pilotage de leur projet. Cette refonte s'adapte à un modèle du ministère, qui s'appuie lui-même sur le référentiel du collège numérique».

L'établissement sélectionné doit ensuite signer une convention avec les collectivités pour obtenir le financement du matériel, de l'environnement numérique de travail (ENT), de la formation et de l'assistance technique. «Le but est d'assurer à la fois une qualité de service avec les acteurs, et une intégration au tissu local», rappelle le chargé d'études.

Une initiative attractive

Le label permettra peut-être également de rendre attractif des établissements souffrant d'une mauvaise réputation et concurrencés par le privé. C'est le cas de Sidney-Bechet. «Le collège a été reconstruit en fonction du tout numérique. Mais, en terme de coût, ça ne change rien pour les familles», exprime Catherine Le Duff.

La mise en place du Collège connecté dans ces établissements peu courus pourrait également séduire certains professeurs désireux de développer une pédagogie numérique... Alors même qu'il n'aurait pas envisager d'y enseigner.

Guillaume Salacroup