LP2i, le Futuroscope des lycées français

Julien Kaufmann

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Les élèves repartent avec leur tablette à l'issue de leur formation.
Les élèves repartent avec leur tablette à l'issue de leur formation. — LP2i

INNOVATION - Créé en 1987 dans la foulée du Futuroscope, le LP2i de Jaunay-Clan est passé, depuis janvier 2013, au tout numérique. Tablette tactile pour chaque élève, cours en ligne... coup de projecteur sur un lycée qui n'a cessé d'innover depuis 25 ans.

http://www.education.gouv.fr/pid29064/ecole-numerique.html

Le lycée pilote innovant international (LP2i) du Futuroscope n'est pas un lycée comme les autres. En pointe en matière de pédagogie et de technologie, il est le premier lycée de l'Hexagone à avoir initié le passage au tout numérique, le 1er janvier 2013.

Le principe, équiper les personnels et élèves d'une tablette. Joël Coutable, professeur de SVT, a piloté ce projet. «On passait beaucoup de temps à la photocopieuse ! Le but était donc de déposer les documents produits par les enseignants sur l'espace numérique de travail (abrégé ENT, ce tableau de bord personnel regroupe un ensemble de services et d'outils en ligne Ndlr). Ainsi, on pouvait les diffuser aux élèves, amener de l'interactivité en cours et créer des produits pédagogiques.»

Les professeurs ont été les premiers équipés, puis, chaque élève de première a reçu sa tablette dès le mois de mars. Les secondes et les terminales ont suivi à la rentrée de septembre. Au total, ce sont plus de 700 tablettes qui ont été distribuées aux élèves, mais aussi aux enseignants, membres des équipes pédagogiques et personnels techniques.

Une nouvelle façon de travailler, pour les profs et les élèves

Ce déploiement ouvre de nouvelles perspectives aux professeurs. « Quand on met un document sur l'ENT, il y a toujours des liens vers Internet. Et si les élèves ne comprennent pas un mot, ils peuvent toujours chercher en ligne. C'est la connectivité partout à tout moment », s'enthousiasme Joël Coutable. Cependant, il n'y a pas d'obligation d'utilisation pour les élèves sauf quand le professeur l'exige, «l'élève peut sortir ou ne pas sortir sa tablette. Il peut aussi choisir de continuer à prendre des notes sur du papier.» En revanche, côté professeur, les cours et le matériel pédagogique sont numérisés et les élèves sont invités à les télécharger avant d'arriver en classe.

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Coût de l'opération? Presque nul, grâce aux subventions et aux économies réalisées. «En début d'année, le conseil régional distribue, à chaque famille, 2 chèques livres de 35 euros pour l'acquisition de manuels», explique Joël Coutable. On a donc demandé un basculement du chèque livre en chèque tablette, et le versement pour les 3 années, soit 210 euros, plus de la moitié du prix de la tablette.»

Des tablettes à la place des photocopieuses

Pour l'autre moitié, le lycée a puisé dans ses fonds propres et, notamment, dans le «budget photocopie». «Mine de rien, le poste photocopie représentait plusieurs dizaines de milliers d'euros par an», précise le professeur de SVT. Le coût limité était d'ailleurs un objectif. «En tant que lycée pilote, quand on a des projets, on essaye de faire en sorte qu'ils ne soient pas chers et qu'ils soient réalisables ailleurs.» Grâce à ce modèle, les élèves pourront même garder leur tablette et leurs contenus à l'issue de leurs trois années d'études. De nouvelles tablettes seront acquises, chaque année, pour les entrants.

Pour se former au maniement des tablettes, les professeurs se sont tournés vers leurs élèves. «Ce sont deux élèves qui ont formé les professeurs sur le maniement des tablettes. Mais chez nous, les échanges profs/élèves, élèves/profs c'est notre routine», explique, très fier, le professeur. La boucle est bouclée.