Ces 199 établissements où l'on apprend en twittant

Lou Ducreux

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Pour Jean-Roch Masson, les élèves lisent plus facilement avec Twitter.
Pour Jean-Roch Masson, les élèves lisent plus facilement avec Twitter. — Ecole La Providence

Twittclasse - Il n'y a pas que la blogosphère et les peoples qui savent twitter. Les élèves de CP de Jean-Roch Masson ont intégré le réseau social comme outil pédagogique il y a de ça quatre ans. 198 écoles leur ont depuis emboîté le pas.

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Hashtag, retweet, follower, timeline, follow friday : ils n’ont que six ans mais le vocabulaire alambiqué de Twitter n’a déjà plus de secret pour eux. Eux, ce sont les élèves de CP de Jean-Roch Masson, qui a choisi de faire du réseau social un outil pédagogique il y a quatre ans. A l’époque, son idée était de trouver une utilisation de Twitter en classe «favorisant les apprentissages et l’ouverture de l’école à l’extérieur».  A ce jour, 198 écoles primaires suivent ou ont suivi l’exemple de l’instituteur, précurseur en la matière.

« Le contact est fondamental »

Dispersée au départ, la pratique du micro-blogging est aujourd’hui encadrée par l’Education nationale, qui a fait du numérique l’une de ses priorités à la rentrée 2013. Et si Twitter ne remplacera pas de si tôt les méthodes traditionnelles, il favoriserait clairement l’enseignement des fondamentaux. «C’est un vecteur de motivation qui dynamise l’apprentissage» explique Jean-Roch Masson. Il ajoute : «Twitter est devenu un outil d’habitude pour les élèves, au même titre que le fait d’ouvrir leurs cahiers.»

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«J’aime maman. Je n’aime pas quand maman me crie dessus» : ce tweet, signé Alix, est le résultat d’un atelier d’écriture proposé par son enseignant. Mais comme Noam, qui raconte avoir perdu quatre dents, les enfants sont également libres d’exprimer leurs envies, humeurs ou pensées. «En ayant conscience d’être lus, les élèves font plus attention à leur orthographe» se réjouit Jean-Roch Masson : «Le côté ludique de Twitter facilite l’apprentissage. Ils adorent chercher les touches sur le clavier.»

Une utilisation compliquée... pour les parents

Contrairement aux années précédentes, où Twitter représentait une nouveauté pour les enfants, l’outil est aujourd’hui connu par la majorité d’entre eux. Pour leurs parents, en revanche, l’utilisation reste «plus compliquée». Parfois dépassés, ils ont du mal à saisir les subtilités du réseau social, mais font l’effort d’accompagner leurs enfants dans l’apprentissage du micro-blogging.

Chaque jour, la timeline du compte de la classe est projetée sur le tableau. Ainsi les petits Dunkerquois apprennent de nouveaux mots, écrivent ensemble leurs tweets, décryptent ceux reçus et répondent aux messages des autres classes : «Le contact est fondamental pour eux. Les enfants adorent être retweetés, ils perçoivent ça comme une récompense.» Ceux que Jean-Roch Masson appelle ses «journalistes» écrivent et lisent beaucoup plus volontiers par ce biais, «plus fun». Et la conclusion, on la trouve forcément en remontant l’historique des tweets de la classe: «Le plus important, c'est d'apprendre à lire, à écrire, à compter, à écouter, à être curieux, à être gentil, à partager...»


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