Les tablettes rendraient les sorties scolaires plus intéressantes

Rédaction 20 Minutes

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Le biais de la tablette permet d'impliquer davantage l'élève selon Sébastien Verbert.
Le biais de la tablette permet d'impliquer davantage l'élève selon Sébastien Verbert. — Sébastien Verbert

INITIATIVE - On le sait, les tablettes investissent les salles de cours. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elles peuvent également renouveler la pratique des sorties scolaires, et en accroître l'intérêt.

http://www.education.gouv.fr/pid29064/ecole-numerique.html«Avec une tablette, les élèves sont acteurs de la visite», s’exclame Sébastien Verbert, enseignant de SVT (sciences de la vie et de la terre) au collège de La Malassise à Longuenesse (Pas-de-Calais). Depuis trois ans, il travaille avec ses élèves de 6e, 5e et 3e sur tablettes. En octobre, il a décidé de tenter l’aventure avec ce support numérique «hors de la classe», dit-il. Plus précisément, dans les musées.

«Les élèves ne sont plus passifs. Ils construisent leur savoir»

Sébastien Verbert s’est rendu avec ses élèves au musée de Flandre à Cassel. «A première vue, les peintures flamandes ne sont pas ce qu’il y a de plus vendeur pour des adolescents», rigole-t-il. Armés de leurs tablettes, les élèves ont alors déambulé dans les couloirs, tableau après tableau. Avec du recul, Sebastien Verbert note les deux atouts d’une telle expérience. « D’une part la tablette vient mettre une surcouche d’informations sur les éléments qu’ils découvrent, grâce à l’application du musée et à Internet. D’autre part, ils l’utilisent pour produire du contenu», comme des vidéos, des sons et un livre numérique. «Nous allons plus loin que le simple compte-rendu de visite barbant ou le débriefing oral en classe qui prendrait du temps», ajoute Sébastien Verbert. Et le rapport à l’art change. «Ils ne sont plus passifs. Ils construisent leur savoir», souligne-t-il.

«Certains élèves se découvrent»

La sortie reste donc éducative. Durant la visite, les élèves devaient par exemple interviewer les personnes qui ont restauré telle œuvre, questionner l’artiste ou encore les personnages peints. «La tablette ajoute ce côté ludique et attrayant», explique l’enseignant. D’ailleurs, depuis qu’il l’a introduite dans ses cours, Sébastien Verbert remarque un regain de volontarisme et davantage d'envie dans ses troupes. «Certains élèves se découvrent, notamment avec la vidéo», affirme-t-il. Autonomie, acquisition de compétences écrites et orales, confiance en soi, pour Sébastien Verbert la tablette en sortie scolaire permet à l’élève de s’épanouir. Enfin, leurs productions dépassent la simple relation entre l’enseignant et ses élèves.

Un plus pour les parents et élèves absents

«Ils produisent pour eux dans un premier temps. Mais aussi pour leurs parents et les élèves absents qui se sentiront moins exclus», explique l'enseignant. Les projets réalisés peuvent être partagés et visionnés plusieurs fois. Un avantage parmi tant d’autres qui donne à Sébastien Verbert l’envie de continuer dans ce sens. Prochaine étape: «Nous essayerons d’aborder la science dans les musées en regardant les œuvres aux rayons X». Cela, toujours en pianotant sur les tablettes.

Romain Moreau