Ma seconde chance, le site qui redonne une chance aux élèves décrocheurs

Rédaction 20 Minutes

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Le site Ma seconde chance s'adresse à tous les élèves décrocheurs ou sur le point de décrocher.
Le site Ma seconde chance s'adresse à tous les élèves décrocheurs ou sur le point de décrocher. — ONISEP

DISPOSITIF - Ma seconde chance, c'est le nom du site lancé cette année par l'Onisep pour venir en aide aux élèves sur le point de quitter le système scolaire, les orienter et leur donner les meilleures chances de réussir.

Choisir la bonne orientation. C’est le souci de la majorité des jeunes scolarisés et de leurs parents à la fin du collège ou du lycée. Mais d’autres ne trouvent pas la bonne voie et quittent le système scolaire. L’office national sur les enseignements et les professions (Onisep) ne veut pas non plus les laisser de côté. C’est l’objectif du site Internet Ma seconde chance.

Entrer sur le marché du travail? Oui, mais pas sans qualification. C’est le crédo du site Ma seconde en chance. C’est aussi un travail au long cours pour y parvenir. Et, contrairement aux idées reçues, il ne passe pas forcément par les bancs de l’école. «Notre premier travail pour venir en aide aux décrocheurs, explique Philippe Daubignard, responsable du site, c’est de comprendre pourquoi ils ont décroché. Ce sont des gens qui ont souvent besoin de s’exprimer, de contact humain. Nous devons comprendre leur problématique. Ont-ils décroché car ils n’étaient pas dans la bonne formation? Est-ce tout simplement un problème de distance, d’accès géographique à l’école?»

Créer le premier contact avec l'élève en décrochage

Pour effectuer ce travail de compréhension, le dispositif s’appuie sur les mêmes conseillers d’orientation que Mon orientation en ligne. «Nous utilisons le service de tchat qui présente un grand avantage pour ce type de public. Ces jeunes aiment s’adresser à des gens compétents mais veulent le faire de manière anonyme. Nous créons le premier contact avec eux. Et seulement une fois que nous les avons mis en confiance, pour aller plus loin, nous leur demandons des données personnelles.» Le travail des conseillers se limite à cette première étape d’information du décrocheur. Il est ensuite mis en lien avec des missions locales ou des centres d’information et d’orientation.

Mais cela peut aussi s’avérer compliqué. «Certains jeunes qui finissent par venir nous voir ne veulent plus entendre parler du système éducatif. Ils ne lui font pas confiance. Ma seconde chance fait partie du système mais nos conseillers tiennent compte de leur position, alors nous leur proposons d’autres solutions», précise Philippe Daubignard. Ces autres solutions sont très classiques: apprentissage, micro lycées, école de la deuxième chance… Mais c’est grâce à cette discussion avec les conseillers, ce lien social renoué, que des décrocheurs finissent par accepter. «L’autre défi est de leur faire réaliser l’intérêt qu’il y a tout intérêt à arriver sur le marché du travail avec une qualification», poursuit Philippe Daubignard.

Capter 70 à 80% des élèves en grosse difficulté

Le site, qui existe aussi sous la forme d’une application mobile, fêtera sa première année d’existence en mars prochain. «En mai et en juin, à la fin de l’année scolaire, nous avons eu 35 000 visites par mois», reprend le responsable du site qui estime capter «70 à 80% de ce type de public». L'outil trouve donc tranquillement son rythme de croisière alors qu’il continue de se développer. «Une page Facebook nationale existe en plus de la diffusion dans tous les établissements grâce à la documentation de l’Onisep. Pour l’instant, elle n’est pas suffisante. Nous travaillons donc à la création de pages Facebook par académie. Et grâce à un système de géolocalisation, les jeunes ne recevront que des informations dans leur zone géographique et qui les concernent.» Tous les acteurs, aussi bien les écoles que les missions locales, pourront donc l’utiliser pour communiquer et renforcer le travail des conseillers d’orientation.

Thomas Xavier