D’Col réinvente le soutien scolaire avec le numérique

Julien Kaufmann

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D'Col rend le soutien scolaire plus souple, en le déplaçant sur Internet.
D'Col rend le soutien scolaire plus souple, en le déplaçant sur Internet. — F. Durand / Sipa

DISPOSITIF - Le passage du primaire au collège n'est pas toujours évident à négocier. Pour accompagner les élèves en difficulté, l'éducation nationale a mis en place un programme de soutien innovant, mariant numérique et vieilles recettes. Son nom : D'Col.

http://www.education.gouv.fr/pid29064/ecole-numerique.html

De la primaire au collège, certains enfants peinent à s'adapter à leurs nouvelles conditions de travail. «On a des élèves qui arrivent en classe de 6e et qui n'ont pas forcément atteint les paliers de l'enseignement primaire, explique Jean-Michel Leclercq, directeur délégué en charge des partenariats stratégiques au centre national d'enseignement à distance (Cned). On va donc leur apporter un accompagnement spécifique.»

Cet accompagnement, c'est le nouveau programme de soutien scolaire D'Col élaboré par le Cned. Et, grâce au numérique, le soutien scolaire est en train de prendre une nouvelle tournure.

Soutenir l'élève à toute heure

En effet, l'objectif est que l'accompagnement dépasse les portes de l'établissement et que l'élève puisse se sentir soutenu à toute heure. Ainsi, en plus d'un tutorat classique par un enseignant de l'établissement, 2 heures par semaine, D'Col ajoute une couche interactive.

Un site Internet est mis à disposition de l'élève par le biais duquel il aura accès à tout moment à des exercices et pourra entrer en contact avec un enseignant du Cned. Un double tutorat, donc, et une part d'autonomie puisque l'élève pourra travailler sur le site, quand il le souhaite ou en ressent le besoin, sans nécessité d'accompagnement humain.

Proposé sur les matières principales (français, mathématiques et anglais), ce dispositif concerne, depuis le mois d'octobre, près de 30 000 élèves de 6e dans les 1085 collèges de l'éducation prioritaire ainsi que ceux des 20 collèges connectés.

Des premiers retours concluants

Les inscriptions à ce soutien se font sur proposition de l'équipe pédagogique de l'établissement et en accord avec les parents. «Le retour d'expérience montre que le choix doit être fait par les équipes qui connaissent le mieux les enfants, soit les enseignants et l'équipe pédagogique», précise M.Leclerq. Les élèves inscrits le sont pour l'intégralité de l'année scolaire.

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Les premiers retours semblent concluants. En test depuis janvier 2013 dans 9 établissements, le programme est bien accueilli par tout les acteurs. «Les familles apprécient la gratuité et le lien entre l'application distante et la présence de professionnels sur le terrain, explique Benoit Le Gall, principal adjoint au collège Elisabeth et Robert Badinter à La Couronne (16). Idem pour les enseignants, qui ne se sentent pas dépossédés de leur expertise de soutien scolaire qui est leur métier.» Quant aux élèves, ils montrent «enthousiasme et assiduité» selon le proviseur.

Pour les résultats concrets il faudra attendre un peu, mais déjà le Benoît Le Gall remarque que le dispositif «permet un échange avec l'enseignant pour des élèves qui ont souvent tendance à être passifs».

Julien Kauffman