REPORTAGE - Un grand nombre des produits rigolos et colorés Pylones proviennent de Chine, certes. Mais un atelier d'irréductibles fabricants de bijoux subsiste en Île-de-France.

«Créateur d'objets à Paris». Depuis des années, cette phrase figure sous le logo Pylones, entreprise française qui fêtera ses trente ans en 2015. Si une partie des produits qu’elle commercialise n’est pas réalisée en France, les bijoux, eux, sont tous conçus à Colombes. Et nous nous sommes faufilés dans l’atelier.

Un travail millimétré

Pylones est le pionnier du bijou en verre soufflé. Alors ici, on chauffe, on étire, on déforme et on reforme de cylindres de verre chaque jour pour en faire des bagues. Dans cette ancienne imprimerie d'ouvrages d'art, qui accueille aussi le siège de l'entreprise, l'atelier est divisé en deux parties.

«Nos pièces soufflées ont un certain succès et sont beaucoup copiées, on attache donc une attention particulière à leur qualité», explique Jean-François Pavaday, responsable de la partie technique et de la qualité du soufflage. «Les formes, la solidité et l'épaisseur du verre sont des critères qui nous permettent de faire la différence», poursuit-il.

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Dans la pièce, une petite dizaine d'employés se concentrent sur leur bulle de verre. Le bruit des chalumeaux, la lumière et la chaleur des flammes, rien ne perturbe ces artisans. Tous sont issus du lycée technique Dorian à Paris, la seule école d'Europe à former au soufflage de verre. Et Jean-François de préciser: «Souvent, le soufflage se fait à la canne… ces pièces seraient impossibles à réaliser de cette manière. Le chalumeau nous permet d'avoir plus de minutie.»

L’art de la finition

Dans la salle voisine, trois femmes s'affairent devant des boites pleines de boules de verre. «Ici, on reçoit toutes les pièces du soufflage après leur passage au four, puis on les remplit de perles ou de liquide», explique Nathalie Firmin, responsable du secteur bijoux. 12 couleurs de perles, 17 de liquides. «Tout est traité à l'unité. C’est collé, puis nettoyé pièce par pièce. Chacune des ouvrières peut remplir de 1000 à 1200 bagues par jour», assure-t-elle.

Une discipline sentimentale

Chaque année, cet atelier de 16 personnes produit 240.000 bijoux dans un souci d’optimisation et de rentabilisation de la production. Si les souffleurs étaient en Chine, la marge serait, certes, largement plus élevée. Mais conserver l’atelier de soufflage, historiquement toujours resté à proximité de la direction, est un choix de cœur. Une façon de montrer leur attachement à la noblesse du métier, aux artisans et à leur savoir-faire.

Nicolas Richoffer