HISTOIRE - La famille Bollée a marqué l’histoire de l’automobile. Au Musée des 24 heures du Mans, on peut découvrir sa saga grâce à de nombreuses pièces, et apprendre l'origine du titre du film d'animation: le bien nommé Turbo.

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Il y eut d’abord le grand-père, Ernest Sylvain Bollée, fondeur de cloches au Mans. Puis, son fils, Amédée (dit père) qui se lancera dans la fabrication de voitures à vapeur. « Il construira des locomotives, mais il va surtout fabriquer l'une des premières diligences à vapeur, nommée l'Obéissante », précise le responsable des collections au Musée des 24 heures du Mans, Francis Piquera. Tradition familiale oblige, Amédée mettra ses trois fils, Amédée fils, Léon et Camille, sur les « rails » de l'automobile. « Ils n'ont pas fait d'études ou d'école d'ingénieur, explique M.Piquera. Ce sont des autodidactes avec un excellent niveau. »

Parmi eux, l'aîné, Amédée (dit fils) construira sa première voiture à 18 ans. « C'est une toute petite voiture à vapeur. Il fait des tours dans le jardin familial avec. Il l'a appelé la Liliput », raconte Francis Piquera. C'est le plus « chercheur » des trois. Après la vapeur, Amédée Bollée fils s’intéresse à l'essence, qui rend les voitures moins compliquées à démarrer et moins dangereuses.

Un fonceur pionnier de l’automobile

Outre commercialiser des voitures ou les faire construire sous licence, Amédée fils fourmille d'idées. « Il cherchait à améliorer la mise au point de ses moteurs. Il a donc imaginé une turbine, entraînée par les gaz d'échappement, qui puisse renforcer l'admission d'air dans le moteur », explique le responsable des collections. Le principe du turbo est né. Mais les matériaux disponibles à l'époque ne permettent pas une pérennité du projet. « Au bout de quelques minutes d'essai, cela a explosé ». Outre le turbo, il inventera également le carburateur à gicleur noyé.

Son frère, Léon, construisait des véhicules plus « grand public ». Après la première guerre mondiale, Amédée fils constate que ces derniers se vendent bien. Mais ils ne sont pas parfaits et leurs mécaniques s'usent très vite. « Il se dit donc, intelligemment, qu'il va fabriquer des pièces de remplacement de tout type. Il va produire des segments, pièces essentielles des moteurs », raconte Francis Piquera. Il devient le premier fabricant de pièces détachées. « Les segments Bollée étaient moins chers et meilleurs que les segments d'origine. »

Amédée Bollée fils n'était pas seulement un visionnaire, « il cherchait à améliorer les performances et à réduire l'usure pour que la voiture soit plus fiable, plus facile à utiliser et nécessite moins d'entretien », conclut Francis Piquera. Et en homme d'affaires avisé, le constructeur développa son business en fabriquant les pièces pour réparer les véhicules.

Julien Kauffman