SPORT - L'espoir français du sprint s'appelle Jimmy Vicaut. S'il a décidé de faire l'impasse sur la saison en salle cet hiver, il travaille dur pour briller au championnat d'Europe d'athlétisme l'été prochain. Interview.

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Comment êtes-vous venu à l’athlétisme ?

C’est grâce à mon père. A côté de chez moi il y a un stade où l’on allait souvent. J’avais environ 8 ans et des basketteurs lui ont fait remarquer que je courrais vite. Il m’a fait faire trois séries de 50 mètres et a effectivement vu que j’avais des capacités.

Vous vous êtes donc tout de suite consacré au sprint ?

Non, j’ai fait de la longueur jusqu’en minimes, mais je me suis blessé à la hanche. Mon père a donc préféré qu’on arrête cette discipline et qu’on se concentre vraiment sur la course. Comme je ne suis pas bon en demi fond, on s’est focalisé sur le sprint.

Comment appréhendez-vous une course ?

Ce qui me stresse le plus, c’est le faux départ. Je m'efforce donc de rester concentré sur le starter. Pendant la course j'essaie de reproduire ce que je fais à l'entraînement, de suivre les phases. La poussée, le relevé puis l'accélération. Les trois s’étalent sur 70 mètres. Sur les 30 derniers, même si on n’est plus en accélération, on tente de conserver sa vitesse au maximum.

Avez-vous un modèle de coureur, une idole ?

Je ne peux pas avoir de modèle parce que chacun a sa façon de courir. Je ne pourrais donc pas imiter un éventuel mentor, ni courir comme lui. Je me dis que mon modèle, c’est moi-même. Je n’ai jamais eu d’idole. J’apprécie des athlètes, mais ça ne va pas plus loin.

Avec Christophe Lemaître, vous êtes les seuls Français à être sous les 10 secondes au 100 mètres en compétition. C’est motivant ?

Bien sûr que c’est motivant. Maintenant, quand je m'entraîne, je ne pense pas à lui. Je ne travaille pas parce qu’il y a Christophe, mais parce que je veux être le meilleur. Pour lui c’est pareil. Je dois battre les autres sprinters aussi. Si un jour je veux devenir champion du monde, il faut déjà que je sois champion de France et champion d’Europe. Pour moi c’est un kif d’être en championnat. Il faut prendre du plaisir avant tout. Le sport est un amusement. Bien sûr il y a la compétition, mais il faut toujours s’amuser.

Avez-vous toujours été un fonceur ?

Dans la vraie vie je ne suis pas un compétiteur, mais sur la piste, toujours ! Je fais tout pour atteindre mon objectif: être le premier. Cet été il y a les championnats d’Europe à Zurich (du 12 au 17 Août 2014). Je voudrais concourir sur 100 et 200 mètres. Après on verra. Je dois déjà me qualifier, ce qui implique un gros travail foncier cet hiver... Du coup, je ne vais pas participer à la saison en salle.

Propos recueillis par Julien Kauffman

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