Sébastien Bourdais: «En Formule 1, tu peux passer de héros à zéro»

Rédaction 20 Minutes

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Sébastien Bourdais lors de la course 24h Rolex sur le circuit de Daytona en janvier 2013
Sébastien Bourdais lors de la course 24h Rolex sur le circuit de Daytona en janvier 2013 — John Raoux / AP / SIPA

SPORT AUTOMOBILE - Sébastien Bourdais a fait toutes ses classes en France, avant d’exploser outre-Atlantique, en Champ Car. Après un bref passage en Formule 1, il est de retour aux USA en championnat Indy Car avec une nouvelle équipe: KV Racing. Confessions d'un accro à l'asphalte.

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Comment êtes-vous venu au sport automobile ?

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Mon père pratiquait en amateur, donc j’ai attrapé le virus assez tôt et ça a vite pris de l’importance dans ma vie. J’ai commencé par le kart, puis j’ai rapidement intégré la filière Elf (le centre de formation, aujourd'hui filière FFSA).

Avez-vous toujours eu un esprit de compétition ?

Oui, car la compétition est notre moteur. Au début, il n’y en avait pas besoin pour se faire plaisir. Mais au bout d’un moment, on a envie d’aller se mesurer aux petits copains, puis aux meilleurs.

A quoi pense-t-on une fois sur la ligne de départ ?

On ne pense pas à grand chose, en fait. On est dans notre élément, on connaît notre truc, on sait ce qu’il y a à faire. On a des automatismes, des réflexes, on est dans notre petit monde.

Au sortir de la filière Elf, vous n’avez pas pu trouver de volant en F1 ?

En 2002, j’ai signé en F1 avec Arrows, mais l’écurie a fait faillite. J'allais me rabattre sur du DTM, mais finalement, j’ai eu l’opportunité de continuer en monoplace en Champ Car aux USA. J’ai atterri en 2003 dans l’équipe championne en titre. La première année j’ai signé trois victoires et j’ai fini meilleur débutant. Les quatre années suivantes, j’ai remporté le championnat.

C’est là que les portes de la Formule 1 se sont ouvertes ?

En effet, en 2008 j’ai signé avec Toro Rosso. J’ai fait une saison et demie chez eux. C’était l’aboutissement de beaucoup d’années de travail et une grosse désillusion quand j’y suis parvenu. J’avais fait un test en 2006 et je leur avais dit : « ce n’est pas compliqué, si vous voulez que je roule dans une voiture comme ça, ça ne va pas marcher ». On m’avait répondu que c’était génial, que j’avais l’expérience, que je savais ce que je voulais, qu’ils avaient besoin d’un leader, etc. Et quand je suis arrivé, ça a été « tais-toi et roule ».

Cela a été difficile ?

C’était très déprimant parce qu’en plus, en F1, il y a une surexposition médiatique. Tu peux passer de zéro à héros, mais aussi de héros à zéro. Pour moi cela n’a pas souvent été le héros. Cela ne me dérange pas d’être responsable d’un manque de résultats si on me donne les outils pour m’exprimer... A ce moment là, ce n’était pas le cas, et c’était donc extrêmement frustrant.

Aujourd’hui vous êtes de retour en Indy Car, dans une bonne équipe. Est-ce comme une renaissance ?

Non. Avant la Formule 1, j'ai beaucoup brillé pour pouvoir y accéder. Pendant ma période F1, ça a été assez misérable. Et puis il y a l’après... Je suis beaucoup plus heureux maintenant. Et j'ai conscience de cette chance de pouvoir revivre à nouveau des moments comme je vis aujourd’hui, dans un championnat qui me convient, et dans des voitures que j’adore.

Julien Kauffman

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