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Felix Baumgartner a une bonne descente

SANTE - La récente diffusion d'une vidéo embarquée lors de l'exceptionnel saut de l'ancien parachutiste de l'armée autrichienne, Félix Baumgartner, a relancé le débat sur la dangerosité de la vitesse sur le corps humain.

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Aller là où personne n’était allé, d’une manière inédite, pour y faire quelque chose de littéralement impensable. Sauter à 38969,4 mètres du sol, soit plus de quatre Everest, la limite de l'atmosphère terrestre, la limite de l’espace... C'est l'exploit accompli il y a un peu plus d'un an par Felix Baugmartner. S'il est impressionnant de performance, et contre toute attente, il n'est en rien un exploit médical.

« Sur le plan physiologique il n’a pas pris beaucoup de risques. Le grand challenge de son aventure était d’avoir une capsule et un scaphandre adaptés au saut qu’il allait faire », explique Bernard Comet de l'Institut de médecine et de physiologie spatiales (MEDES). « Il ne peut pas y avoir de perte de connaissance due à la vitesse elle-même puisqu’il est ralenti et freiné », précise le médecin, ancien responsable de la santé des astronautes français de 1982 à 2001.

Technique mais pas dangereux

En réalité, il n’y a pas vraiment d’incidence sur le corps humain à faire une telle chute libre. Même le passage du mur du son n’est pas dangereux pour le corps. « On ne se rend pas compte qu’on le passe... Vous avez une résistance de l’air qui va grandissant et le bruit est derrière vous. Comme vous allez plus vite, vous ne le sentez pas », précise le docteur Comet.

En revanche, ce même passage du mur du son entraîne un phénomène physique qui provoque une rotation dangereuse. « Il y a des dissymétries de pression autour du corps qui le mettent en rotation. Si Felix Baumgartner s’était mis à tourner trop vite, il aurait pu perdre connaissance », explique le médecin. « Mais grâce à sa grande pratique du saut en parachute, il a su se stabiliser très rapidement, on le voit très bien sur sa vidéo».

L’exploit de Baumgartner réside ailleurs: « c’est une question de courage et de maîtrise technique, avec le bon matériel, bien modifié », conclut Bernard Comet. Et du courage il en faut pour se hisser au dessus du monde, se jeter dans le vide et atteindre une pointe de vitesse de 1357,6 km/h soit Mach 1,25 en chute libre. Le seul danger pour le corps, c’est la peur (et la défaillance de parachute, bien sur).

Julien Kauffman