Graphiste, un métier en constante mutation

CRéATION Même après de nombreuses années d'expérience, il faut sans cesse apprendre de nouvelles techniques...

Christine Ludwig
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Le graphiste peut accepter des commandes de clients très variées.
Le graphiste peut accepter des commandes de clients très variées. — SIARAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

Il imagine aussi bien des logos et des flyers que des sites web. Charles Boidin est graphiste et exerce un métier multifacettes. «Je travaille sur des projets destinés à l’impression papier et également sur le web», explique-t-il. Ce graphiste freelance installé à Lille s’est lancé dans le métier il y a six ans. Malgré plusieurs années d’expérience, il peaufine toujours son savoir-faire.

«Certains programmes ont sensiblement le même fonctionnement, il est donc facile de passer de l’un à l’autre. Mais il faut sans cesse s’adapter aux mises à jour et aux plug-ins des logiciels», souligne le graphiste. Il y a quelques années, il a appris les notions basiques du code internet, le HTML et le CSS. «Aujourd’hui je me forme à After effect, un logiciel dédié aux effets spéciaux dans les jeux vidéo.»

«Pour être très bon, il faut faire des choix»

Charles Boidin n’est pas un touche-à-tout. Comme tous les graphistes, il s’adapte aux changements de son métier. «Dans le domaine du numérique, la technologie évolue tellement vite qu’il est humainement impossible d’être au niveau optimal partout. Pour être très bon, il faut faire des choix et se spécialiser dans certains domaines d’intervention», explique François Caspar, président de l’Association française des designers (AFD).

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Une démarche qui demande parfois des années. «Après la sortie d’école, les graphistes ont une bonne culture généraliste. Mais il faut aller plus loin pour être employé à des tâches intéressantes ou sur des projets originaux», souligne François Caspar. Voilà pourquoi Charles Boidin accepte régulièrement de nouvelles commandes qui ne ressemblent en rien à ce qu’il a pu faire avant. «Parfois, il suffit simplement d’ouvrir un nouveau logiciel et d’apprendre à s’en servir sur le tas.»

User experience et objets connectés

Deux tendances sont en pleine expansion selon le directeur de l’Association française du design: le user experience, qui propose des interfaces intuitives pour l’utilisateur, et les objets connectés. Mais la profession offre une multitude de possibilités. «Si le papier se replie sur des secteurs de niche, le numérique, lui, est très ouvert. C’est pourquoi il faut être le plus original possible», poursuit François Caspar. Car avec environ 44.000 graphistes en France en 2010 selon l’étude Métiers du graphisme du Ministère de la Culture, la concurrence peut être rude.