Cuisinier, le pilier de la vie à bord

Rédaction 20 Minutes
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Le quartier-maître, Priscilla Cluzel, cuisine des repas très variés à bord.
Le quartier-maître, Priscilla Cluzel, cuisine des repas très variés à bord. — P. Boyer / 20 Minutes

A BORD - Beaucoup plus fraîche et diversifiée qu’on pourrait l’imaginer, la cuisine à bord d’un bateau de la marine nationale est surtout un élément fondamental de la vie du groupe.

Le quartier-maître deuxième classe Priscilla Cluzel a d’abord fait des études de restauration pour devenir maître d’hôtel. «J’ai travaillé dans le civil mais j’ai ressenti le besoin d’autre chose. De tuer la routine. Je suis allée me renseigner dans un Cirfa (Centre d’information et de recrutement des forces armées) car il y a des militaires dans ma famille. Je me suis engagée en tant que volontaire (des contrats d’un an renouvelables) il y a deux ans. On m’a proposé la cuisine bien que je n’aie fait que du service auparavant, et ça m’a très vite plu.»

Jamais à la même sauce

Pour Priscilla, cuisiner sur un bateau est moins routinier: «Pratiquer le métier de cette façon, sur un petit bateau avec parfois de longues missions de plusieurs mois, c’est très différent. On ne fait jamais les mêmes plats contrairement aux restaurants qui ont leur carte. Et puis, on se ravitaille toutes les semaines donc on utilise beaucoup de produits locaux. Cela nous permet de préparer des plats très variés et de faire des repas à thème», explique-t-elle. Mais ce n'est pas sa seule casquette: «Nous sommes tous amenés à participer à différentes manœuvres, à être brancardier ou pompier dans une situation d’urgence.»

Priscilla est l’une des rares femmes du «Sagittaire»: elles ne sont que 6 sur 49 membres d’équipage. Pas par sexisme, mais simplement parce qu’il est parfois compliqué de «féminiser» un bâtiment. Cela impose par exemple de séparer les sanitaires et les couchages, et les bateaux ne sont pas encore tous aménagés. Dire qu’il n’y a pas de blagues machistes serait donc mentir, mais le quartier-maître Cluzel n’en tient rigueur à personne: «Il faut avoir du caractère mais c’est toujours bon-enfant. Il n’y a jamais de mauvais esprit entre nous.»

Un moment sacré

Mais retournons derrière les fourneaux: les cuisiniers et le commis, qui gère les stocks, imaginent les menus. Ceux-ci sont validés ou corrigés par l’infirmier qui surveille la diététique de tout l’équipage, et garde une trace écrite de chaque calorie. Les menus sont variés et privilégient les produits frais et le fait-maison. Alors la journée-type n’est pas de tout repos… Le petit-déjeuner est servi à 7 heures. En cuisine, c’est «Branle-bas à 6 heures. On commence par faire le pain. Il n’y a pas de temps à perdre car le premier service est à 11 heures mais on peut à tout moment avoir des exercices sur le pont. » S’il n’y en a pas, la seule pause de la journée commencera vers 13h30 quand tout est propre et rangé.

Une heure et demi plus tard, c’est reparti pour la préparation d’une cinquantaine de dîners! Et inutile de vous dire que les repas sont des instants très attendus: «La restauration est un point essentiel de la vie à bord et les marins savent nous le rappeler! C’est LE moment de la journée. Etre au cœur de la vie du bateau, c’est un aspect du métier qui rend fier. Il nous arrive aussi de faire des buffets ou des cocktails quand des états-majors ou des délégations viennent manger avec le Commandant.» Assurément, on ne fait pas «la» cuisine sur un bateau de la marine nationale. On y fait toutes les cuisines. Tous les styles et tous les goûts.

Pascal Boyer

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