Du Moyen-Âge jusqu’en 2084, voyage dans le jeu vidéo français

Rédaction 20 Minutes

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Remember Me, Dishonored, Iop, trois jeux français à l'identité visuelle marquée.
Remember Me, Dishonored, Iop, trois jeux français à l'identité visuelle marquée. — DR

TENDANCE - Neo-Paris, 2084. Nilin est une chasseuse de souvenirs dont la mémoire a été effacée. Remember Me propose d’incarner son personnage pour l’aider à retrouver son passé. C’est le tout premier jeu du studio parisien Dontnod, qui rejoint le club des concepteurs de jeux vidéos français, comme Arkane Studios, Ankama et bien sûr le géant Ubisoft*, 3ème développeur mondial.

Juin 2013 aura été un mois crucial pour Dontnod. Le studio parisien a fêté ses 5 ans d’existence… par la sortie de son tout premier jeu, Remember Me. «C’est un mécène qui nous a permis de nous lancer», raconte Jean-Maxime Moris (J-Max), l’un des cinq fondateurs. Avec ses 4 associés ils commencent à développer le jeu puis signent un accord avec Sony pour l’édition et la distribution. Mais la société japonaise rompt le contrat en février 2011. Un coup dur pour les créateurs, «nous avons légèrement douté. Nous aurions pu sortir le jeu de manière indépendante mais il aurait été moins abouti».

Des sacrifices bientôt récompensés

Ils retrouvent avec Capcom en octobre 2011 un second éditeur qui rembourse l’investissement du mécène et avance l’argent nécessaire pour finaliser le jeu. «L’intégralité des premières ventes ira à Capcom, puis après le reste sera réparti entre eux et nous», détaille J-Max. Pour le directeur créatif de Dontnod, raconter l’histoire de Remember Me, ravive de fortes émotions. «Au début nous avions juste des idées sur du papier et la foi, aucune certitude. Il y a eu plein de moments de vertige avec des heures de travail interminables et une vie privée sacrifiée.» Les premières critiques du jeu suggèrent que cela valait le coup. Le studio est désormais concentré sur «deux nouveaux projets», mais J-Max n’en dira pas plus.

Racheté par les Américains mais toujours bien Français

Chez Arkane Studios, un nouveau jeu est aussi dans les tuyaux. Seule concession que fera Romuald Capron, le directeur général du studio lyonnais : «le jeu sortira sur les consoles de dernière génération, PS4, Xbox One». Fondé en 1999, Arkane Studio s’est internationalisé en 2005 avec l’ouverture d’un second studio à Austin aux Etats-Unis. La société de Raphaël Colantonio a sorti en 2012 avec Dishonoredson troisième jeu. Après Arx Fatalis, publié en 2001 sur PC, ils sont arrivés sur les consoles en 2006 avec Dark Messiah of Might and Magic. Leurs trois jeux ont été développés avec des éditeurs différents, mais le dernier Dishonored«où l’on incarne un garde du corps victime d’un complot et qui doit se venger», leur a permis de travailler avec Bethesda Softworks. Et l’éditeur a ensuite racheté Arkane Studios. Pas question de quitter la France pour autant. «C’était l’un des éléments non-négociables lorsqu’on a signé. Nous avons une identité culturelle qui nous est chère et ils ont compris que cela faisait notre force», précise Romuald Capron.

70% de joueurs francophones

La culture chez Ankama, elle est plutôt d’inspiration manga. A la différence des deux autres studios, celle qui était à l’origine une agence de communication interactive a pour spécialité le jeu en ligne sur ordinateur. Dofus et Wakfu sont ses deux titres phares. «Deux jeux de rôles dans un monde médiéval avec des caractéristiques qui nous différencient des autres», précise Florence Di Ruocco, attachée de presse d’Ankama, «un système de combat tactique au tour par tour que nous avons été les premiers à développer et aussi beaucoup d’humour potache». L’autre particularité du studio créé en 2001, c’est qu’il a continué à diversifier son offre. «Nous avons créé avec les jeux des produits dérivés, des mangas, des figurines…», ajoute Florence Di Ruocco. Mais sans oublier de rester attaché à ses racines françaises, «plus de 70% de notre communauté de 2,5 millions de joueurs en ligne est francophone». Ankama est aussi présent sur les smartphones et les tablettes. Le jeu vidéo français a donc envahi toutes les plateformes possibles et il compte bien être encore là en 2084.

*Ubisoft n’était pas disponible pour répondre à nos questions.