Agrandir un aéroport: un défi architectural

Journalisme embarqué Pendant deux semaines, notre rédacteur pose ses valises à l’aéroport Marseille Provence. Un dispo à suivre chaque jour sur notre site et dans notre quotidien...

Thierry Weber

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Le projet Cœur d'aéroport prévoit un agrandissement de 15.000m².
Le projet Cœur d'aéroport prévoit un agrandissement de 15.000m². — T. Weber/20 Minutes

C’est officiel, l’Aéroport Marseille Provence (AMP) va s’étendre, et on sait qui en aura la charge. Les gestionnaires de l’aéroport ont dévoilé, jeudi 23 novembre, le nom du cabinet d’architecte choisi pour mener à bien le projet «Cœur d’aéroport». Ce sera donc le cabinet international Foster + Partners, qui devra construire une extension de 15.000m² à l’aéroport phocéen d’ici à 2022. Un défi d’envergure, surtout pour faire face à une population de voyageurs aériens en constante augmentation.

Pour l'AMP, le projet devrait permettre de «faire la liaison» entre les bâtiments du terminal1. Son objectif est triple, «améliorer la qualité des services, diminuer les coûts d’opérations et augmenter les ressources aéronautiques», indique Denis Corsetti, directeur des opérations et membre du directoire de l'AMP. Concrètement, cela signifie que plusieurs fonctions aéronautiques y seront regroupées, «l’enregistrement, le contrôle sûreté des passagers et des bagages, les commerces et les arrivées».

Une toiture très travaillée

Ça c’est la version aéroport. Pour les architectes, la signification est toute autre. François-Pierre Curato, partenaire chez Foster + Partners, en charge du projet Cœur d’aéroport, se préoccupe déjà de la «cohérence» entre ce qu’il va construire, et le bâtiment historique, le fameux hall Pouillon, du nom de l’architecte qui lui a donné naissance en 1961. Pour François-Pierre Curato et sa collègue Antoinette Nassopoulos-Erickson, également partenaire de l'agence d'architecture, ce hall historique, ce «petit bijou qui vieillit bien», pour reprendre les mots de l’architecte, servira de source d’inspiration. Sa structure «forte et rigoureuse», et même certaines proportions seront reprises.

  Le saviez-vous ? Le hall A du terminal 1 de l'#aeroportmarseilleprovence a été construit par l'#architecte Fernand Pouillon en 1961. @20minutesfrance   Une publication partagée par 20 Minutes à l'aéroport (@20minutesalaeroport) le


C’est avec cette contrainte en tête que les architectes ont dû imaginer une manière de gérer les flux humains. Pour ce faire, ils ont misé sur la toiture, «l’élément qui nous accompagne tout au long du parcours». Le résultat est «une continuité visuelle ininterrompue, qui guide les passagers. On fait en sorte que la toiture rappelle la direction qui mène du parking jusqu’à la porte d'embarquement», illustre le responsable du projet. Cette même toiture devrait permettre aussi de «donner une lumière» naturelle, tout en «protégeant des effets de brillance et de surchauffe». Des ouvertures dans le plafond permettront en outre «l’extraction des couches d’air chaud», de manière à réduire les besoins en climatisation. Objectif, un bâtiment écologiquement vertueux et qui participe au confort du passager.

Simplicité et flexibilité

Ce dernier pourra justement se déplacer dans «un noyau de circulation unique et centralisé dans l’axe du hall Pouillon». «Nous voulons réduire au maximum les changements de niveau et de direction, afin de rendre les parcours lisibles et simples», déclare François-Pierre Curato, pour qui la «visibilité» était essentielle. Autre avantage de cette architecture, elle «offre la possibilité de se reconfigurer à l’avenir».

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Ces deux points sont précisément ceux qui ont fait pencher la balance du côté de Foster + Partners. Denis Corsetti salue «ce cheminement évident du passager», «l’architecture mise au service de sa compréhension», et ce côté «flexible» du bâtiment, «plus facile à aménager».

En fin de compte, créer une extension d’aéroport n’est pas sorcier. «Il faut faire en sorte de construire des bâtiments simples et lisibles par des gens qui ne viendraient qu’une seule fois, mais qui répondent aussi à des mécaniques hyper complexes», résume l’architecte en charge du dossier. Simple comme un décollage.