La BPCO toucherait 3,5 millions de personnes en France.
La BPCO toucherait 3,5 millions de personnes en France. — DjelicS/Getty Images

Toux

La BPCO, une maladie qui fait des ravages

Maladie peu connue du grand public, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) tue 17 000 personnes par an en France…

  • La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche majoritairement des fumeurs réguliers.
  • Selon une étude OpinionWay, 90 % des Français n’en ont jamais entendu parler.
  • Elle peut entraîner des complications respiratoires graves et handicapantes.

On l’appelle la « tueuse silencieuse ». La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie des poumons caractérisée par l’obstruction des bronches et la destruction des alvéoles. Elle touche, à partir de 40-45 ans, les hommes comme les femmes, majoritairement les fumeurs réguliers.

« Elle évolue lentement et insidieusement, explique Frédéric Le Guillou, président de l’association BPCO. On peut vivre avec pendant des années sans s’en rendre compte. » D’ailleurs, sur les 3,5 millions de Français qui en seraient atteints, seulement un tiers sont diagnostiqués, alors que 17 000 personnes en meurent chaque année en France.

Cette maladie reste particulièrement mal ou méconnue du grand public. Selon une étude OpinionWay datant de 2013, 90 % des Français n’en ont jamais entendu parler. « Les personnes atteintes de BPCO sont plus facilement essoufflées, ont des bronchites fréquentes ou qui traînent. La moitié a une toux grasse et crache. Parfois elles ont un sifflement dans la poitrine », décrit Nicolas Roche, pneumologue à l’hôpital Cochin à Paris. Des symptômes souvent mis sur le compte du tabagisme. « Sauf qu’être essoufflé lorsque l’on fume, ce n’est pas normal. Tousser et cracher, non plus, martèle Frédéric Le Guillou. Beaucoup de fumeurs ne veulent pas qu’on leur dise d’arrêter de fumer et n’en parlent donc pas à leur médecin. »

Une longue convalescence

La BPCO a pourtant des conséquences désastreuses. « Plusieurs fois par jour, on a l’impression que l’on va mourir, parce que l’on suffoque alors que l’on a simplement marché cinq mètres », raconte Christiane, diagnostiquée il y a trois ans et qui vit depuis avec une bouteille d’oxygène. « Le pire, c’est lorsqu’il y a aggravation de la maladie, due à un virus ou une bactérie. En 48 heures, les capacités respiratoires peuvent diminuer d’au moins 15-20 % et l’on met des mois à les retrouver », assure le président de l’association BPCO.

Au-delà de la perte d’autonomie, d’un handicap dans la vie familiale et professionnelle, la maladie conduit souvent à un isolement social. « On pense constamment à sa respiration et on calcule tout : cela devient obsessionnel, se rappelle Christiane. Quand des amis me proposaient un concert, je me demandais si j’allais pouvoir garer la voiture proche, s’il y avait une pente. On en vient à avoir peur de sortir, à refuser les soirées. »

Hygiène de vie très tricte

Cette maladie n’est pas complètement irréversible. Christiane assure que la BPCO ne prend plus le pas sur sa vie, mais depuis trois ans, cette dernière suit une hygiène de vie très stricte. Elle ne fume plus, utilise un bronchodilatateur pour dilater ses bronches, se fait vacciner contre la grippe et le pneumocoque, prend parfois de la cortisone et surtout pratique une activité sportive régulière.

« On ne parle pas de sport de compétition, mais de 30 à 45 minutes de marche par jour, avec si possible des bâtons pour renforcer la musculature au niveau thoracique », recommande Frédéric Le Guillou. « Le plus important reste de détecter la maladie à temps en allant faire mesurer son souffle chez le pneumologue : 20 minutes remboursées et indolores », rappelle Nicolas Roche. Selon l’OMS, en 2030, la BPCO sera la 4e cause de mortalité en France. Il est peut-être temps de briser le silence.