INSERTION - Le Clubhouse est  une structure innovante de réinsertion sociale et professionnelle sociale et professionnelle pour adultes souffrant de troubles psychiques.

«Sortir de l'image du fou dangereux avec un entonnoir.» C'est l'idée fondatrice du Clubhouse, un lieu d'activités et d'entraides pour accompagner des personnes souffrant de maladies mentales vers l’insertion sociale et professionnelle. Créée en novembre 2011 à Paris, la structure qui occupe 165m2 au bord du canal Saint-Martin à Paris est financée à 90% par des dons privés et à 10% par des fonds publics.

Troubles psychiques et emploi, c'est possible

«Nous sommes le chaînon manquant entre l'établissement médical et le monde du travail», explique Céline Aimetti, déléguée générale de l’établissement. Chaque semaine, des entreprises viennent à la rencontre des membres. Des bénévoles encadrent également des ateliers: valoriser un CV avec des «trous», gérer ses émotions avec l'aide du théâtre, apprendre l'anglais...

Certains membres sont aussi invités par des entreprises pour témoigner de leur parcours et de leur pathologie avec toujours le même objectif: déstigmatiser le handicap psychique souvent à l'origine de l'exclusion sociale des individus.

«Quand on sort de l'hôpital, on se demande ce que l'on va faire. Le Clubhouse est là pour nous accompagner», confie Nelly, une des 70 membres du club. «Le matin, quand je me réveille, il y a un lieu où je peux me rendre et me sentir utile», renchérit Yacine. Ce trentenaire, qui a pu bénéficier d'un coaching pour son CV, a déjà effectué plusieurs missions dans le monde professionnel, comme de la mise sous pli à la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette.

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Se reconstruire

Martial a rejoint le club en juillet 2013. Cela fait 3 ans que cet ancien chauffeur est en inactivité professionnelle. «J'ai été fauché par une dépression sévère, je suis sorti de l'hôpital, je n'avais plus aucun projet, j'étais désocialisé. Le club m'aide à me reconstruire.» Le quadragénaire envisage une reconversion. Il rêve de devenir paysagiste.

Au Clubhouse, rien n'est obligatoire. Tout est question de responsabilité. Chacun est libre de venir quand il veut et peut choisir ses activités. L'espace est non médicalisé, ce qui est particulièrement apprécié de ses membres soumis, par ailleurs, à des suivis psychologiques parfois lourds.

«Le club m'apporte du bien-être», confie Bénédicte qui essaye de venir tous les jours. Aujourd'hui, la jeune femme s'occupe du téléphone à l'accueil. «Ça n’a l'air de rien mais le téléphone peut être un outil stressant, inquiétant. Savoir prendre des messages, orienter vers la bonne personne c'est du travail et de la concentration. Cela aide à refixer des repères», explique Céline Aimetti.

Une demande toujours plus forte

«Grâce au club, j'ai véritablement compris qu'allier troubles psychiques et emploi c'est possible», conclut Nelly. Pour y adhérer, 3 conditions sont requises: avoir plus de 18 ans, assumer sa pathologie et ne pas consommer d'alcool ni de produits illicites.

Aujourd'hui, le Clubhouse croule sous les demandes d'adhésion. Plus de 150 personnes sont en attente pour le rejoindre. L'association prévoit de déménager dans les mois prochains mais tout dépend des dons pour accueillir de nouveaux membres.

Juliette Bergé et Margaux Bourdin