MONNAIE - Depuis le 13 mai, il est possible de payer en Amazon coin sur le site de l'entreprise électronique. Un nouveau moyen de paiement qui permet de contourner les banques.

L’expérience américaine a été concluante. Lancé il y a un an aux Etats-Unis, l’Amazon coin ("pièce" en français) est disponible sur le territoire français depuis le 13 mai. Pour l’entreprise, il s'agit d'«un moyen de paiement supplémentaire pour les utilisateurs».

Si elle n’emploie pas le terme de monnaie virtuelle, le principe est bien similaire. L’Amazon coin est indexé sur l’euro (1€ = 100 coins). Dans le cas de l'Amazon coin, la valeur est stabilisée. Désormais, les clients pourront l'utiliser pour régler tous leurs achats sur l'App-shop, la plateforme de téléchargement d'applications d'Amazon.

«Grâce aux Amazon coins, les clients peuvent économiser jusqu’à 10%», met en avant Amazon. En utilisant sa propre monnaie, le géant du web ne paie plus de frais bancaires et l'économie est répercutée sur les prix. «Pour les grandes entreprises comme Amazon, les frais de transactions et les commissions reversés aux banques et à Visa et Mastercard se chiffrent en milliards d’euros, explique Philippe Herlin, économiste, auteur de La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires. Créer sa monnaie, c’est une façon de dire aux banques de se calmer».

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Un marché très observé

Pour promouvoir sa nouvelle monnaie, le site promet 500 Amazon coins, soit 5€, à toute personne qui achètera une application entre le 13 et le 24 mai sur la dernière version de l'App-shop. Une somme qui reviendra au site, puisque c'est le seul endroit où on peut le dépenser. «Dans un premier temps, l’Amazon coin devrait circuler uniquement dans l’écosystème Amazon, décrypte Philippe Herlin. Le site a beaucoup de clients, entreprises et particuliers, et sa monnaie pourrait servir pour toutes ses ventes. Il n’y aurait pas de fuite.»

Amazon n’est pas le seul à avoir flairé le bon filon. «Les grands acteurs d'Internet et des télécoms regardent avec intérêt le marché des moyens de paiement, ajoute le spécialiste. Ils ont les compétences informatiques en matière de réseau et peuvent faire le boulot des banques à un prix plus intéressant comme il n’y a pas d’intermédiaire. Là les banques pourront avoir peur.» D’autant plus que ces grands groupes bénéficient d’un atout de taille: leur image. Ils ont un nom et leurs clients leur font confiance.

Jéromine Santo-Gammaire